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Propositions d'actions pour la Présidence française de la SUERA (Stratégie de l'Union Européenne pour la Région Alpine)

Durant l’année 2019, l’Etat français et les trois Régions Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), Bourgogne-Franche-Comté et SUD Provence-Alpes-Côtes d’Azur préparent la feuille de route de la Présidence française de la Stratégie de l’Union Européenne pour la Région Alpine (SUERA) en 2020. Elle est l’occasion de mettre en exergue des initiatives françaises auprès des partenaires de l’arc alpin et d'orienter les politiques publiques européennes. CIPRA France saisit cette opportunité pour émettre des propositions auprès du CGET (coordinateur national de la démarche) et des Régions.

Méthodologie, remerciements et synthèse

Ce document s’appuie sur une rencontre organisée à Lus-la-Croix-Haute (Drôme) en mars 2019 autour du pastoralisme, des énergies renouvelables et des mobilités. Les travaux réalisés par CIPRA France depuis 1998 et plus particulièrement au cours des cinq dernières années, constituent un socle de connaissances venant enrichir les propositions issues de cette rencontre. Des entretiens auprès de chercheurs, élus, professionnels, associatifs sont venus les compléter en mai et juin 2019. CIPRA France remercie l’ensemble de ces contributeurs que vous retrouverez dans la liste jointe. Une synthèse des propositions est également consultable ci-dessous.

Tourisme durable

© Zani Viaggi

120 millions de visiteurs par an, c’est le nombre de visiteurs qu’accueille les Alpes chaque année. Ressource indéniable pour l’économie localo-régionale, elle a entrainé avec elle les secteurs de l’agriculture, de l’artisanat et des services. Face au dérèglement climatique, le « tourisme durable » pourrait être une solution.

P.1 Réunir les différents acteurs du tourisme pour poser les bases d’une analyse socio-économique et environnementale fine dans les territoires alpins hors stations de ski.

P2. Atelier organisé par Refuges Sentinelles ou la Zone Atelier Alpes avec pour objectif de partager les constats sur les changements observés en haute montagne et proposer des retours d’expériences.

Agriculture et pastoralisme

© PN Ecrins

A peine 4% de la population alpine vit de l’agriculture, soit 20 200 équivalent temps plein (ETP). Vitale de part sa fonction nourricière ainsi que pour le développement territorial, le tourisme et le maintien des paysages ouverts, l’agriculture repose en partie sur le pastoralisme qui subit des difficultés (changement climatique, prédation du loup).

P3. Recenser et dresser un bilan des dispositifs de médiation à l’échelle de l’arc alpin, en vue de préparer et d’expérimenter ces dispositifs sur quelques territoires pilotes dans chacun des pays.

P4. Faire connaître le dispositif Alpages sentinelles dans les autres pays de l’arc alpin dans le cadre de conférences et rencontres.

P5. Dans la continuité des projets MountErasmus et Atelier de l’avenir pour les jeunes agriculteurs des Alpes portés par les présidences SUERA précédentes, poursuivre et amplifier les échanges entre agriculteurs, en l’étendant à d’autres professions et en l’ouvrant à d’autres champs thématiques, y compris avec des pays confrontés d’ores-et-déjà à des tensions sur les ressources.

Jeunes dans les Alpes

© ADRETS

Le troisième Rapport sur l’état des Alpes réalisé sous présidence française soulève la question du développement rural durable et de l’innovation dans les Alpes. Le vieillissement de la population alpine est à ce jour réel. Si les Alpes ne perdent pas d'habitants, sa population vieillit de manière conséquente et les zones rurales en pâtissent grandement. Dans ce sens, la jeunesse et les jeunes adultes doivent trouver les moyens d'envisager une vie au sein de l'arc alpin et sa ruralité, de s'y installer, s'y épanouir et s'y investir.

P6. CIPRA France propose que l’Eductour 2020 ainsi que la rencontre internationale « Installation des jeunes en territoires ruraux alpins » soient inscrits dans le cadre de la présidence française de la SUERA en 2020, dans la continuité de MountErasmus et AlpJobs.

P7. Recenser et identifier des zones d’installation de jeunes adultes dans les Alpes (AJITER).

P8. Mise en place d’une plateforme numérique d’échanges entre jeunes et acteurs de la SUERA.

P9. Création d’un événement grand public pour favoriser la réappropriation de la SUERA par l’ensemble des habitants de l’arc alpin.

Mobilité durable et relocalisation de l'économie

© Rémi Lapeyre

Les transports internationaux ont été dynamisés par la mondialisation, fragilisant la logistique des circuits courts. En réponse des filières s’organisent autour de l’agriculture locale et biologique (Marché d’Intérêt National de Grenoble, Manger Bio en Provence…). Le tourisme durable doit lui s’appuyer sur une modification des modes de déplacement.

P.10 Saisie du groupe transport de la SUERA pour l’identification des flux générés, le recensement de filières opérationnelles dans un cadre mutualisé et la définition d’une stratégie de renforcement de la logistique de ces circuits courts.

P11. La Convention alpine dispose d’un recul et d’une analyse qui pourraient être mis à profit pour alimenter le groupe transports de la SUERA, ainsi que la commission transport du Comité de massif des Alpes sur les enjeux d’ouverture à la concurrence et de financement du report modal.

P12. Organisation d’un voyage d’étude sur l’arc alpin pour analyser des exemples d’ouverture à la concurrence réussis.

P13. Le Youth Alpine Interrail Pass pour voyager à travers les Alpes en faveur des jeunes pourrait être judicieusement couplé au programme Erasmus. 

Climat, transition écologique et visibilité de la SUERA

© CIPRA Int.

A ce jour, les outils semblent disponibles pour entamer la transition des Alpes. Par exemple, le projet Samba du programme Espace alpin (PNR du Vercors, département de l'Isère) vise à identifier les mécanismes de changements de comportements et propose des actions pour réduire les déplacements en voiture individuelle. Un travail de sensibilisation et de communication reste à mener pour mieux faire connaître les initiatives et démarches mises en place.

P14. Saisir les groupes d’action de la SUERA compétents pour amorcer une démarche de valorisation et de communication autour des plans locaux consacrés au climat.

P15. Valoriser les événements en lien avec l’adaptation au changement climatique dans le cadre de la présidence française.

P16. Réunir les têtes de réseau des acteurs de la transition énergétique et écologique, dans chacun des pays de l’arc alpin, afin de prévoir l’organisation d’une journée annuelle de la transition énergétique et écologique alpine.

P17. Organisation de la rencontre de clôture du projet ENERB’Alpes dans le cadre de la Présidence française de la SUERA. 

Evaluation de la Présidence française de la SUERA

© Tabea Tandler

Les présidences font œuvre de continuité entre elles et au gré du temps. Les programmes de travail sont bien souvent ambitieux mais trop peu tangibles en matière de résultat. Entre défaut de communication ou absence de réalisation, la mise en place d’une évaluation systématique de chacune des présidences permettrait de vérifier l’atteinte des objectifs fixés.

P18. Première évaluation d’une présidence de la SUERA visant à partir d’indicateurs à s’assurer notamment du respect des engagements initiaux.