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Pastoralisme et vie dans les Alpes

© PN Ecrins

Problématique et enjeux

L’agriculture constitue la politique majeure portée par l’Union Européenne à travers la PAC (Politique agricole commune). La PAC est en cours de renégociation pour la future programmation 2021 à 2027. Les montants dédiés à cette politique devraient être revus à la baisse.

L’agriculture de montagne, notamment le pastoralisme, tient une place particulière du fait du maintien d’une activité économique et donc de la vie dans les Alpes. Son caractère relativement extensif et sa contribution à l’entretien du paysage est une composante clé du tourisme. Le pastoralisme constitue ainsi une des dernières activités dans les territoires ruraux isolés de montagne (hors stations), soit 20 200 Equivalent Temps Plein (2010) en agriculture dans les Alpes françaises.

Le pastoralisme se trouve confronté à de multiples défis d’ordre sociaux, économiques et environnementaux parmi lesquels la réforme de la PAC, le risque de perte d’identité et de culture, le changement climatique qui impacte notamment la ressource en eau, la prédation, etc. Ceci entraîne une augmentation des conflits d’usage entre la profession agricole, les touristes et les professionnels du tourisme et les habitants. L’avenir du pastoralisme concerne tous les habitants des Alpes.

Du local à l’Europe

Les orientations de la PAC pèsent de manière décisive dans le devenir de l’agriculture de montagne. La SUERA, tout comme la Convention alpine, doivent permettre une reconnaissance des spécificités de la montagne et du pastoralisme.

Dans le cadre de leur présidence, la Bavière (présidence 2017) et le Tyrol (2018) ont placé la jeunesse comme priorité, ce qui se traduit par plusieurs projets tournés vers l’emploi. Nous citerons le projet MountErasmus. Basé sur le système d’échanges européens Erasmus, il vise à poser les jalons d’une approche éducative et à faciliter les échanges entre écoles d’agriculture et de sylviculture. L’Atelier de l’avenir pour les jeunes agriculteurs des Alpes doit faciliter des échanges entre agriculteurs en devenir, en formation, aguerris ou nouvellement exploitants. Des artisans sont aussi appelés à venir partager leurs expériences. Cette dynamique est poursuivie dans le cadre de la présidence italienne.

Groupes d’action concernés

Propositions à long terme

  • Dans les cursus de formation : sensibiliser à plusieurs métiers, former à la double activité notamment aux enjeux du tourisme (ce croisement des regards pourrait être mené dans l’autre sens, c’est-à-dire que les professionnels du tourisme pourraient être sensibilisés aux enjeux du pastoralisme)

  • Intégrer le changement climatique dans les formations agricoles et touristiques

  • Améliorer les conditions de vie et de travail pour les bergers, favoriser la vie de famille pour tenir compte de l’évolution de la profession

  • Sensibiliser les urbains aux dépendances villes/montagne autour des enjeux de la biodiversité et du pastoralisme

Proposition Présidence française 2020 :

P5. Dans la continuité des projets MountErasmus et Atelier de l’avenir pour les jeunes agriculteurs des Alpes portés par les présidences SUERA précédentes, poursuivre et amplifier les échanges entre agriculteurs, en l’étendant à d’autres professions (artisans, professionnels du tourisme) et en l’ouvrant à d’autres champs thématiques (changement climatique, gestion de l’eau, vie dans les Alpes), y compris avec des pays confrontés d’ores-et-déjà à des tensions sur les ressources (portage à définir).

Recherche scientifique, initiatives des territoires