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Munich 2022 : des Jeux Olympiques dont personne ne parle

Le règlement du Comité International Olympique stipule que les communes candidates à l'organisation des Jeux Olympiques doivent garantir l'enneigement des pistes. © CIPRA

Dans deux mois à peine, les citoyens de plusieurs communes bavaroises devront se prononcer sur une candidature aux Jeux d'hiver 2022 - quatre jours avant l'expiration du délai de dépôt du dossier. Aujourd'hui encore, la candidature n'est évoquée qu'à demi-mot. Quelqu'un veut-il encore des Jeux Olympiques ?
" Je pense que Munich aurait de bonnes chances d'être sélectionnée ", a déclaré à la mi-août Jacques Rogge, Président du Comité International Olympique (CIO). Une intervention peu commune dans la discussion sur la candidature commune de Munich, Garmisch-Partenkirchen et du pays de Berchtesgaden aux Jeux d'hiver 2022. La Bavière est actuellement en période électorale au niveau national et régional. Aucun parti ne veut mettre le thème des Jeux Olympiques à son ordre du jour.

Un référendum sur un sujet dont on ne sait rien ?
Une discussion publique serait urgente : les populations des communes concernées seront consultées le 10 novembre 2013. Si le oui l'emporte, le dossier de candidature devra être remis au CIO le 14 novembre avec les frais d'inscription. Personne ne sait qui statuera d'ici là sur des questions fondamentales comme celle du financement, les parlements de Bavière et de Berlin n'étant réélus qu'à la fin septembre. La ville de Munich, qui veut absolument organiser les Jeux, prévoit d'informer sa population à temps avec un budget de 560 000 euros. " Ce que l'on sait actuellement sur la candidature ne suffit pas, et de loin, pour pouvoir évaluer le véritable ordre de grandeur du projet ", avertit Axel Doering de la Ligue bavaroise pour la protection de la nature. On va voter sur un projet qui est une inconnue totale, y compris le contrat de ville hôte.

Les communes doivent garantir l'enneigement
Le contrat de ville hôte réglemente les droits et les devoirs du CIO et des communes organisatrices. Le département de droit civil de Salzbourg, ancienne candidate aux Jeux d'hiver 2014, avait à l'époque qualifié ce contrat de " léonin " et " d'illicite ". Le Comité peut changer les conditions, les communes ne le peuvent pas. À Sotchi, par exemple, douze compétitions supplémentaires ont été ajoutées après la signature du contrat de ville hôte. À l'organisateur de trouver ensuite la place nécessaire pour ces nouvelles disciplines et de construire les infrastructures. Les communes doivent aussi garantir l'enneigement. Or, une étude récente du Club Alpin Allemand a montré que dans 20 ans, seules 50 à 70 % des stations bavaroises pourraient garantir l'enneigement - malgré les nouvelles retenues collinaires, les canons à neige et les réserves de neige.

Qui a envie des Jeux Olympiques ?
" Nous voulons que les Jeux s'inscrivent dans le patrimoine ", a déclaré Jacques Rogge récemment dans une interview. Mais de nombreux citoyens ne veulent pas de cet héritage : la population de Vienne a voté en mai à plus de 70 % contre une candidature aux JO d'été 2028. Près de 53 % de la population grisonne s'est prononcée peu après contre les Jeux 2022. Aujourd'hui, deux mois avant la fin du délai de candidature pour les Jeux d'hiver 2022, il n'y a pas de candidat officiel. L'intérêt pour l'organisation des Jeux n'a jamais été aussi faible depuis quarante ans. Axel Doering met en garde de croire que Munich pourra maintenant organiser des Jeux " à bon compte ". Des Jeux verts et démocratiques ne sont pas possibles avec le contrat de ville hôte actuel : " Les Alpes entières doivent rester une zone exempte de Jeux Olympiques. "
Source et informations complémentaires : www.tagesspiegel.de/sport (de), www.merkur-online.de/lokales/muenchen (de), www.nolympia.de/2013/08 (de)