Représentations de la CIPRA

Outils personnels

  Filtres de recherche  

Nouveautés

Point de vue : Politique énergétique : la Slovénie manque le coche

Ogrin Matej, Président de CIPRA Slovénie

Dans le domaine de la production et de la consommation d’énergie, l’heure est aujourd’hui à des politiques fondées sur des critères de durabilité. Avec son nouveau programme énergétique, la Slovénie s’accroche à de vieilles recettes, dénonce Matej Ogrin, Président de CIPRA Slovénie.

Le programme énergétique adopté par le gouvernement slovène ne répond pas aux critères de la transition vers un système énergétique durable et n’est pas orienté vers une société inspirée par les principes du développement soutenable. Il ne contient pas non plus d’objectifs concrets. Le programme doit encore être voté par le Parlement.

Les impacts du changement climatique sur les écosystèmes et donc sur les potentiels énergétiques sont occultés. Les concepteurs ne tiennent pas compte en particulier des nouvelles dynamiques de la disponibilité de la ressource en eau, qui joue aujourd’hui un rôle crucial dans les modes de production d’énergie conventionnels.

Le nouveau programme repose sur la réduction des combustibles fossiles par le recours à l’énergie nucléaire. Il contredit ainsi les principes de la durabilité globale. La lutte contre le changement climatique ne doit pas justifier les risques encore plus importants engendrés pour les humains et l’environnement par l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Le programme n’incite pas à utiliser efficacement l’énergie. Il prévoit par exemple l’électrification du trafic, mais ne contient pas de mesures pour améliorer l’efficacité énergétique dans la mobilité. Il serait nécessaire notamment de développer les transports publics ou de réduire les besoins de mobilité en changeant les modes de vie.

Si le Parlement confirme ce programme énergétique, la Slovénie aura manqué l’occasion de s’équiper pour l’avenir en tant que petit pays doté d’une économie agile et d’un système énergétique durable. C’est son devoir de participer à la transformation des Alpes en une région énergétiquement soutenable.