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Point de vue : La montagne, un lieu sûr

Vanda Bonardo, présidente de CIPRA Italie.

Pendant le confinement dû au coronavirus, les territoires de montagne sont devenus des zones refuges. Pour continuer à jouer ce rôle à l’avenir, ils devront être renforcés et connectés au numérique, déclare Vanda Bonardo, présidente de CIPRA Italie.

On sait aujourd’hui que les rassemblements de personnes représentent un risque pour la santé. La ville n’est donc plus le lieu sûr qu’elle a été. Les gens ont besoin d’espace, d’air pour respirer, et de contact avec la nature. Pendant et depuis le confinement, les montagnes italiennes ont été littéralement prises d’assaut par des personnes à la recherche d’un refuge sûr ou d’une résidence secondaire à acheter ou à louer. Ces tendances sont souvent difficiles à contrôler par les institutions locales. Pour que les territoires de montagne puissent assurer ces services, ils doivent être conscients de leur nouveau rôle, et mettre en place les conditions nécessaires pour l’exercer.

Depuis toujours, les espaces de montagne ont été caractérisés par une faible densité du bâti et des formes d’exploitation peu intensives. Les paysages variés que l’on y rencontre sont le résultat d’une interaction séculaire entre les activités humaines et la nature. Dans l’idéal, ils reflètent la recherche d’un équilibre entre l’homme et l’environnement, autant du point de vue écologique que sanitaire. Un logement bien équipé et confortable pour vivre, étudier, apprendre et travailler s’est avéré essentiel pendant le confinement. Ce type de besoin peut être satisfait si l’on valorise les territoires intra-alpins. Ces régions souvent difficiles d’accès ont vécu un changement difficilement imaginable il y a quelques mois encore. Le développement du numérique permet aujourd’hui de rester en contact avec le reste du monde depuis chez soi.

L’essor historique du digital provoqué par le confinement a ouvert de nouveaux horizons inédits : jamais nous n’aurions pensé que tout le monde, y compris les personnes âgées et les plus réticents d’entre nous se mettraient à utiliser les systèmes numériques. Le coronavirus nous lègue un héritage qui peut améliorer de manière décisive la vie de tous ceux et celles qui ont choisi – ou choisiront – de vivre et de travailler dans les territoires intra-alpins. Pour cela, il faudra prendre les mesures nécessaires pour développer l’ultra haut débit, mais aussi les réseaux téléphoniques et télévisés. Il est capital de développer dans ces territoires l’accès aux technologies de l’information et de la communication, afin de réduire la fracture numérique par rapport aux grandes agglomérations.

La situation après le coronavirus est difficile et préoccupante. Cependant, comme dans toutes les époques de transition, de nouveaux équilibres, et donc de nouvelles opportunités, vont se mettre en place. Dans ce contexte, il est donc important de comprendre comment les territoires de montagne peuvent retrouver un rôle clé, comme cela a été régulièrement demandé ces dernières années par de nombreux acteurs. En tant que soutiens, et en tant que laboratoires, non seulement pour le changement climatique et socio-économique, mais aussi pour la maîtrise des pandémies à venir et l’adaptation à celles-ci.