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Coopérer au lieu de tirer

Karen Schillig est responsable de projet de CIPRA International pour les réseaux écologiques. © Caroline Begle / CIPRA International

Le gouvernement grison exige que les ours soient abattus en Italie avant de pouvoir pénétrer sur le territoire suisse et d'y causer d'éventuels problèmes. Mais un tir préventif est-il vraiment la bonne solution pour éviter les conflits avec les hommes ?
La réaction des responsables politiques est compréhensible, mais à courte vue. Les hommes ne sont pas habitués à avoir des ours à proximité de leurs habitations : ils ont peur et réagissent en conséquence. Mais d'autres options sont possibles. Dans le Val Müstair, par exemple, les déchets comestibles ont été enfermés, les ruches sont protégées et des chiens ont été mis en place pour la protection des troupeaux. Si l'ours n'est pas attiré par la nourriture, il ne s'approche pas trop près de l'homme. Il ne court donc pas le risque d'être abattu et peut continuer son périple.
On sait déjà comment l'ours et l'homme peuvent cohabiter. De nombreuses organisations internationales se sont penchées sur la question : les experts de la plate-forme " Grands carnivores, ongulés sauvages et société " de la Convention alpine se rencontrent par exemple régulièrement pour échanger sur les possibilités d'améliorer cette coexistence au-delà des frontières.
Des projets européens étudient aussi les migrations des grands animaux et ont déjà mis en œuvre des mesures concrètes pour améliorer la connectivité des habitats. Lorsque l'ours se heurte à des barrières insurmontables, par ex. une autoroute, il reste obligatoirement dans la région, même s'il n'y trouve pas suffisamment d'espace naturel et de nourriture pour vivre. Un écoduc peut jouer ici un rôle de liaison : entre les habitats de l'ours, et donc aussi entre l'homme et l'ours. Et ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres.
On a besoin de directives élaborées en commun par la communauté internationale : pas uniquement pour les cas d'urgence - le conflit et le tir inévitable de l'animal, mais aussi pour une application préventive des plans de gestion de l'ours. De la même manière que les enfants apprennent à traverser la rue au feu vert, nous devons apprendre comment nous comporter face à l'ours.
Source et informations complémentaires : www.20min.ch/schweiz/ostschweiz/story (de), www.cipra.org/fr/biodiversite-et-paysage