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De la globalisation à la régionalisation

12/07/2007
Dans les Alpes, il n'y a pratiquement aucun refuge, restaurant ou magasin dans lequel on ne puisse trouver des snacks industriels et des boissons gazeuses produites par des multinationales. Les chances d'y trouver des produits de la région sont beaucoup plus faibles.
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Les produits régionaux de qualité sont très appréciés par les visiteurs. © CIPRA Italien
Et pourtant, la région alpine est tout à fait en mesure de proposer non seulement des services mais aussi des biens de consommation agro-alimentaires produits et transformés sur place, même si ce n'est pas de manière courante et que cela ne va pas sans difficultés. C'est ce que montrent les résultats du projet "Avenir dans les Alpes" de la CIPRA sur le thème de la valeur ajoutée régionale. Alors que la publicité met en avant le caractère "alpin" de produits industriels, il est difficile d'imposer sur le marché les produits de la région alpine, uniques en termes de qualité écologique, de teneur culturelle et de méthodes de production, malgré leur potentiel élevé de succès.
Ces difficultés sont souvent dues à des lacunes organisationnelles, à des coûts qu'on ne peut pas amortir pour de petites quantités de production, aux distances entre producteurs (agriculteurs, éleveurs) et consommateurs, qui requièrent la médiation d'entreprises de transformation, de distribution et de vente au détail. Ces derniers éléments de la chaîne sont souvent étrangers au contexte alpin, ce qui a pour effet de déplacer la valeur ajoutée en dehors des Alpes et de réduire la part de valeur ajoutée des entreprises de production. Non seulement on renonce donc à de la valeur ajoutée en important des biens de consommation, mais lles filières alpines sont interrompues car les matières premières (lait, animaux de boucherie, fruits et légumes) sont exportées hors de la région et réintroduites sous forme de biens de consommation (produits laitiers, viande, conserves).

Mise en réseau et commercialisation régionales
Dans les régions touristiques comme les Alpes, les produits agricoles de montagne peuvent trouver des débouchés locaux, sans devoir passer par de nombreux intermédiaires. Les opportunités de vente du produit dépendent beaucoup d'aspects organisationnels : les produits doivent répondre à des critères de qualité précis et être protégés par des marques les distinguant des produits industriels. Le premier maillon de la chaîne, souvent le plus faible sur le plan structurel, est constitué par le secteur primaire. Ce secteur est celui qui a le plus besoin de formes de collaboration pour compenser ses propres carences : collaborations internes au travers de coopératives, de consortiums de production et de commercialisation et collaborations externes avec d'autres branches du commerce de détail, de l'hôtellerie et de la restauration. En outre, la vente directe peut être développée.
Souvent, les prestataires touristiques et les commerces de détail préfèrent les produits d'importation pour des raisons de coût, oubliant deux aspects essentiels : l'accueil très favorable réservé par les consommateurs (toujours plus attentifs et informés) aux produits de qualité avec une provenance garantie et le fait que les recettes du tourisme restent ainsi dans la région et bénéficient à l'économie dans son ensemble. Sans oublier non plus la contribution au maintien des paysages culturels, qui ne peut être garanti que par un écoulement rémunérateur des produits agricoles.

Répartition dans le temps
Nous avons parlé des produits agricoles, mais nos propos s'appliquent aussi au bois d'origine régionale qui permettrait de couvrir une grande partie des besoins internes en énergie, à la place de produits pétroliers d'importation. Le secteur pri-maire n'est pas le seul à pouvoir bénéficier d'effets de synergie avec le tourisme. Les services, l'artisanat et le personnel spécialisé dépendent également du tourisme, avec des retombées positives pour les emplois et la valeur ajoutée. Mais pour que les emplois soient stables, de qualité et donc attractifs pour les personnes qui vivent dans les Alpes, il est important que la saison touristique soit mieux répartie dans l'année et ne se concentre pas sur un petit nombre de semaines.

Francesco Pastorelli, directeur de CIPRA-Italien