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Des paradis pour les abeilles

La mégachile des murailles affectionne les murets de pierres sèches pour bâtir son ni.

Ruchers, murets de pierres sèches, prairies f leuries : les moyens ne manquent pas pour protéger les abeilles. Un tour d’horizon des bonnes pratiques dans l’Arc alpin.

Des murs vivants

Un muret de pierres sèches borde un sentier de randonnée dans le parc naturel de la vallée de Binn en Suisse. À première vue, les dalles de pierre sont inhabitées. Mais en y regardant de plus près, on s’aperçoit que de nombreuses abeilles s’y bousculent. Les murets en pierres sèches constituent d’excellents sites de nidification pour la mégachile des murailles. Cette abeille solitaire construit son nid directement sur la roche, dans des cavités ou des entailles, et affectionne également les trous percés. Pour bâtir son nid, elle utilise un mortier fait de sable fin mêlé à de la salive et du nectar. Dans le cadre du projet BeeAware!, la commune de Binn a recensé 100 nids dans ce muret en 2018. Pourtant, les environs n’offrent pratiquement pas de nourriture pour les larves de cette abeille maçonne, qui se nourrissent de sainfoin. En mai 2019, la commune a donc décidé de semer du sainfoin.

Des marguerites au lieu de tournesols

Schleching et Grassau, dans la vallée de l’Achental, en Allemagne, les prairies sont riches en espèces. On y trouve des marguerites, des centaurées et des lotiers corniculés, espèces locales et pérennes mieux adaptées au paysage que les bleuets, les coquelicots ou les tournesols qui composent les mélanges de graines du commerce. Les prairies fleuries des communes pilotes du projet BeeAware! ont l’avantage de ne devoir être ensemencées qu’une fois. Bien entretenues, elles peuvent fleurir sans problème pendant des dizaines d’années. Pour aider les animaux et les plantes à se déplacer entre ces prairies souvent distantes les unes des autres et renforcer ainsi la biodiversité animale et végétale locale, on peut également installer des biotopes relais. Ces actions sont en général engagées sur les espaces annexes à la voirie, par exemple aux alentours des arrêts de bu.

Hôtels à abeilles et fête des abeilles

Une abeille se dirige vers une fleur violette. Elle se pose avec précaution au cœur de celle-ci et butine le nectar avec sa minuscule trompe. Cette abeille solitaire locale se nourrit du nectar de la scille de Sibérie, une fleur de la commune italienne de Capizzone. La commune pilote coopère avec l’association apicole de la province pour construire un hôtel à abeilles composé exclusivement de matériaux naturels comme le bois. Les hôtels à abeilles servent d’abris et de nichoirs aux pollinisateurs. La commune a également organisé une fête des abeilles à la fin de l’été 2019, afin de sensibiliser la population à la nécessité de protéger ces précieuses pollinisatrices.

Du bois mort pour les abeilles

Dans le parc naturel de la Nagelfluhkette au Vorarlberg, Autriche, des bénévoles aménagent un talus. Après un glissement de terrain, cette zone va être adaptée pour accueillir les abeilles. L’équipe de bénévoles répand un mélange de sable et de gravier sur le sol et dépose du bois mort. Elle met en place des petits ouvrages en argile, des buissons et de petites mares le long du sentier, et installe un rucher de démonstration. Avec l’aide du garde forestier, elle libère également la forêt des grands épicéas pour laisser passer la lumière, et nettoie la mousse d’une prairie maigre. Ces actions sont autant de bonnes idées qui peuvent encourager les particuliers à rendre leurs jardins plus accueillants pour les abeilles.

 

Source et informations : www.cipra.org/alpenscene

Bee Aware!

Protéger les abeilles, mais comment ?

  • Semer sur les terrains communaux des espèces végétales locales adaptées au site.
  • Installer des sites de reproduction avec de la nourriture à proximité immédiate.
  • Prohiber ou limiter fortement l’utilisation d’engrais, d’insecticides et de pesticides.
  • Équiper les jardins et balcons d’hôtels à abeilles.
  • Installer des micromilieux dans les jardins, par exemple du bois mort ou des murets de pierres sèches.
  • Ne pas apporter d’engrais aux prairies fleuries, ne faucher que deux fois, fin juin et en automne.
Dans le projet BeeAware! de CIPRA International, des communes alpines protègent les abeilles domestiques et sauvages. La CIPRA réalise BeeAware! en coopération avec le réseau de communes « Alliance dans les Alpes » et l’association « Ville des Alpes de l’Année ». Le projet est financé par le ministère allemand de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sûreté nucléaire (BMU) et par des fonds tiers.
Un blog présente d’autres conseils ainsi que les expé
riences des communes pilotes. La publication d’un recueil de conseils et de pratiques est prévue au printemps 2020.

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