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« Conscience égale amour, non ? »

Nicolas Müller © Gian Paul Lozza

Nicolas Müller estime que rien ne sert de prêcher si ce n’est par l’exemple. Voilà ce qui pousse ce ­snowboarder professionnel suisse, âgé de 30 ans, à s’engager en faveur de la protection de l’environnement, tour à tour ambassadeur de la forêt équatoriale, ­ramasseur de déchets ou fabricant ­de vêtements de sport.
« Regarde ça ! » dit Nicolas Müller rayonnant. Il tient dans ses mains un petit œuf de poule. Trois poules et un coq gloussent derrière sa maison de Laax en Suisse. Dans les petites platebandes poussent des betteraves rouges, des courgettes et de la feuille de chêne. Ce jeune de trente ans vient de rentrer d’une opération de ramassage de déchets sur le Crap Sogn Gion, montagne emblématique de Laax, où se trouve l’un des plus grands domaines skiables des Grisons. En fait, il avait déjà prévu autre chose, mais quand une amie lui a demandé s’il accepterait de l’accompagner avec des élèves de sixième pour nettoyer les pistes, il a changé spontanément de programme. « Vraiment captivant de voir les falaises qu’on dévale en hiver. »
De mi-décembre à fin avril, Nicolas est sur la planche pour l’équipe Nike. Il n’a pas de diplôme professionnel ; son seul désir, depuis qu’il est enfant, a toujours été de devenir snowboarder, et il n’a vécu que pour cela. Aujourd’hui, il fait partie des meilleurs du monde dans cette jeune discipline sportive hivernale. Avec le fabricant d’articles de sport Nike, il a créé un modèle de boots, bio, bien entendu. Le poulailler de Nicolas à Laax, volailles comprises, a servi de décor pour les photos publicitaires. Il est tout de même le premier ambassadeur de marque qui, en discutant avec les autres snowboarders, a posé la question du matériel, et demandé si on ne pourrait pas aussi fabriquer des vestes en chanvre.
Quand Nicolas n’est pas en train de sillonner le monde en jet pour son sport, il s’engage avec passion pour la protection de l’univers. C’est ainsi qu’il a fondé avec des amis un label de vêtements de sport « Atreebutes » qui n’utilise que des matériaux soutenables, transformés dans des conditions de travail équitables. Il est aussi ambassadeur de l’Atlantic Rainforest Institution et président de la Fondation Breathe. D’après Nicolas, Breathe, c’est la protection de l’environnement en freestyle. Ramasser les déchets sur la plage de Costa Rica, enregistrer des gazouillis d’oiseaux avec un ornithologue au Brésil, rendre visite à des écoles et faire des exposés.
Nicolas boit du thé à la menthe fraîche du jardin et joue avec l’élastique à cheveux de son amie ; s’il est obligé de passer un temps considérable dans les avions, il veut en profiter pour faire quelque chose de bien pour la nature. Au début de sa carrière de snowboarder, il n’avait guère conscience de son rôle de modèle, en particulier pour les jeunes. Mais, un beau jour il remarqua que dans les interviews, il n’avait pas envie qu’on l’interroge uniquement sur ses « trucs » préférés et sa chute la plus terrible. Il réalisa que sa prise de conscience en faveur de l’environnement le distinguait des autres snowboarders. Nicolas veut mener une vie complète, et lorsqu’il vivait encore à Zurich, il gardait son compost dans des sacs en plastique, pour le disséminer dans la forêt pendant le week-end.
Nicolas est convaincu que l’être humain ne se sent vraiment bien que quand il vit en harmonie avec la nature. « Les questions environnementales ne sont pas sexy, rien ne sert de prêcher si ce n’est par l’exemple. Il faut une prise de conscience. Prise de conscience égale amour, non ? » Tandis que le soleil descend sur le panorama alpin, Nicolas parle de vie simple, de méditation Qi gong et de la chanson « One Love » de Bob Marley. Et il ajoute avec un rire en coin : « un peu Hippie, peut-être. »

Anja Conzett (24), étudiante en journalisme, Malans/CH
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Snowboarder écologiquement conscient
Le Suisse Nicolas Müller est l’un des meilleurs snowboarders au monde. Ce jeune de 30 ans, né à Zürich, appartient à la Ligue professionnelle depuis l’âge de 17 ans. Il a été notamment élu « Rider of the Year » du célèbre « Snowboarder’s Magazine » par Shaun White en 2006 et 2007. Il habite désormais à Laax, Grisons. Végétarien convaincu, il se sert de sa popularité pour sensibiliser d’autres jeunes aux questions sociales et ­environnementales.
www.atreebutes.com (en)
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Source : Alpenscène n° 97 (www.cipra.org/fr/alpmedia/publications/5017)