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Divers systèmes de prévention des accidents liés au gibier

Hirsch

Les ponts biologiques sont indispensables à de nombreuses espèces telles que le lynx, le cerf, le chat sauvage, le sanglier, le chevreuil, le blaireau, le renard, le lièvre et la loutre. © Günter Havlena / PIXELIO

Les accidents touchant le gibier dans le trafic routier sont toujours très fréquents. En 2008, en ne tenant compte que des cerfs, chevreuils, sangliers, renards et blaireaux, le nombre d'accidents en Suisse se montait à 18'000 environ. Autrement dit, un accident a lieu toutes les 30 minutes. On ne sait pas combien de personnes ont subi des dommages dans ces accidents. Par contre, on sait que les dégâts occasionnés se comptent en dizaines de millions.
Depuis des années, on essaie de réduire le nombre d'accidents par des mesures préventives. Beaucoup de ces mesures - surtout lorsqu'elles sont prises en considération sur la durée - se sont révélées inefficaces. Le nombre d'accidents impliquant du gibier a en tout cas légèrement augmenté ces dernières années ou est resté élevé. Trois méthodes très prometteuses ont été développées récemment pour éviter de tels accidents.
Le système CALSTROM avertit les usagers de la route lorsque du gibier se trouve à proximité. Des capteurs infrarouges passifs surveillent les abords de la route et font s'allumer un signal "Attention au gibier" ainsi qu'une indication de limitation de vitesse, lorsque un animal se tient dans la zone de danger. Ce système a été mis en place dans de nombreux cantons depuis 1993 et a livré de très bons résultats. Il est surtout indiqué pour de courts tronçons routiers où de nombreux animaux traversent la route car son coût reste élevé et une maintenance régulière des installations est nécessaire.
Depuis 2006, le projet pilote "Moins d'accidents dus au gibier" est en cours dans le canton de Zurich. Il vise d'une part à sensibiliser les automobilistes aux dangers liés à la faune dans le trafic par la distribution d'un flyer; d'autre part à avertir le gibier de l'approche de véhicules par des signaux acoustiques. Dans l'intervalle, des systèmes semblables d'avertisseurs à gibier ont été mis en place dans les cantons de Lucerne et Schaffhouse. Outre les administrations cantonales de la chasse et de la pêche, l'association suisse d'assurances et d'autres organisations participent au projet. Actuellement plus de 7'000 avertisseurs à gibier sont en fonction. Un rapport intermédiaire est paru en avril 2009. Il montre que 98% des avertisseurs fonctionnent de manière irréprochable et que les accidents impliquant des chevreuils ont reculé de 32 à 43 % sur les tronçons qui en sont équipés. La prochaine phase d'évaluation n'est pas encore terminée mais devrait déjà livrer d'autres résultats dans le courant de l'année.
Les cantons d'Uri, Schwyz et Valais tentent de limiter les accidents liés au gibier grâce à une méthode analogue. Les appareils WEGU utilisés ici sont des avertisseurs à gibier optico-acoustiques qui produisent une tonalité différente selon la température ambiante. Les promoteurs garantissent de cette manière que les animaux ne s'habituent pas aux appareils. En Autriche, ces appareils sont en fonction depuis 2003 déjà et ont été testés par le biologiste Ernst Moser. Il a comparé le nombre d'accidents depuis trois ans avant l'installation des avertisseurs jusqu'à cinq ans après. Sur les dix tronçons routiers tests sélectionnés, le nombre d'accidents a reculé de 93%. Malheureusement la base de données est peu étoffée, ce qui affaiblit la valeur de démonstration.
Comparé aux appareils acoustiques utilisés dans le canton de Zurich qui ne coûtent que Fr. 50.- pièce environ, les appareils WEGU sont, avec Fr. 14 0.-, presque trois fois plus chers. Par contre ils sont plus solides et ne nécessitent pas de batterie puisqu'ils sont alimentés par une pile solaire, ce qui réduit les frais d'entretien. Il est réjouissant que des projets visant à réduire le nombre d'accidents dus au gibier soient actuellement mis en place à différents endroits. Mais comme beaucoup de facteurs entrent en jeu dans ce type d'accidents, il est difficile de démontrer avec exactitude l'efficacité des systèmes. Seul un suivi de longue durée peut montrer si un système fonctionne vraiment et s'il est suivi d'effets. Il serait intéressant de comparer directement les trois systèmes et d'en détailler les avantages et les inconvénients. On aurait ainsi un instrument qui offrirait aux responsables la possibilité de choisir le meilleur système selon la situation.
Source: faune info n°2, avril 2010 : www.wild.uzh.ch/winfo/aktuell_f.htm