Gouvernance de l'eau en montagne : quid des retenues d'altitude ?

La gouvernance et de la gestion de l’eau en montagne interrogent CIPRA depuis de nombreuses années, avec des événements passés et à venir sur ce sujet. Véritables châteaux d’eau de l’Europe, les Alpes alimentent en eau des milliers de personne et approvisionnent en eau les champs et les industries de certaines des régions les plus dynamiques de l’UE. Les risques naturels liés à l’eau (que ce soit en excès ou en déficit), et les aménagements imaginés par les populations locales pour y pallier, sont au cœur de cette étude.

Le Département de l’Isère publiait en 2018 une étude selon laquelle, d’ici à 2050, les stations iséroises pourraient assurer la viabilité de leur enneigement en équipant 42 % de leurs surfaces en enneigeuses – contre 26 % il y a 10 ans. Cette dépendance à la neige artificielle, catalysée par l’annonce des JOP 2030 en France, induit l’augmentation du besoin en eau à des fins touristiques, et notamment la construction et l’agrandissement des retenues d’altitude. Elles sont définies comme telles lorsque implantées au-dessus de 1200m d’altitude. A l’heure où ce type d’aménagement pose question dans sa viabilité, en atteste l’affaissement de la retenue collinaire de la Loze au-dessus de Courchevel, se pose également la question de leur devenir dans le contexte du réchauffement climatique, dans un futur pas si lointain.

L’étude portera par ailleurs un caractère prospectif, visant à centraliser une parties des idées émergentes quant à l’avenir de ces retenues, dont la création vise actuellement à contribuer à l’enneigement artificiel mais qui, à terme, n’aura plus cette utilité. Les données sont obtenues auprès d’acteurs transversaux, mais aussi d’élus de trois stations : l’Alpe du Grand-Serre (38), le Grand-Bornand (74) et Métabief (25).

Le sujet touche donc à la fois aux démarches et législations mises en place autour des retenues, et à une notion plus conceptuelle de leur devenir, selon différentes personnes impliquées dans la transition des territoires de montagne.

Objectifs :

  • Comprendre le rôle des différents acteurs et structures influant les projets d’aménagement lié à l’eau en altitude, de leur conception à leur fonctionnement.

  • Analyse des enjeux de gouvernance autour des retenues d’altitude ;

  • Présentation des perspectives pour le futur de ces aménagements, notamment au-delà de la fermeture d’une station de ski

Durée : Mai 2026 – Août 2026

Financement : Cette étude est réalisée lors d’un stage de trois mois (Annabelle de Gaillande) financé dans le cadre du plan d’action 2026 de CIPRA France, par la région AURA, la région SUD et le Commissariat massif des Alpes.