2030 : LA VRAIE PISTE NOIRE, C’EST LA ROUTE
Suite à l’accord de 300 millions d’euros conclu entre l’Etat et la région Auvergne-Rhône- Alpes pour améliorer les aménagements liés aux transports en vue des JOP 2030, CIPRA France publie sa réaction : l’accès aux épreuves des JOP 2030 doit passer par une fermeture des sites à la voiture individuelle et par l’irrigation des vallées de services de cars cadencés au départ des pôles ferroviaires régionaux.
Grenoble, mardi 20 octobre 2026
Communiqué de presse
Par Alain Boulogne, maire des Gets de 2001 à 2008 et représentant de CIPRA France au comité
de massif des Alpes
Pas assez de rails, trop de voitures
Il y a plus de vingt ans, en 2005, la station des Gets dressait son bilan carbone. Rien ne l'y obligeait, et le constat fut sans appel : la venue des touristes en voiture représentait à elle seule plus de la moitié des pollutions engendrées par le site. De plus la voiture incarne l'exact opposé de ce qui attire les vacanciers à la montagne : la nature et l'air pur. Le problème des Alpes n'était donc ni la neige, ni les remontées mécaniques. C'était déjà la route.
Dès cette époque, on savait aussi que le train ne serait jamais la baguette magique qu'on aurait souhaitée : le doublement des lignes ferroviaires alpines n'était plus réalisable, la SNCF ayant revendu les emprises foncières le long des voies uniques. Le rail ne pourra jamais acheminer en fond de vallée plus de 10 % des touristes. Ce n'est pas un avis : c'est un fait établi depuis vingt ans.
Restait un verrou : entre communes, départements, régions et État, aucune entité ne pouvait, seule, organiser du domicile du touriste jusqu'aux pistes une chaîne de transport peu carbonée. La loi LOM de 2019 a levé ce verrou en confiant aux régions le leadership de l'organisation des transports. La clarification était là ; la cohérence devenait théoriquement possible.
Alpes 2030 : une opportunité unique pour organiser une solution de transports cohérent
En 2026, alors que la pression monte autour des JOP 2030, les deux régions semblent pourtant découvrir des constats avérés : les transferts en train ne peuvent pas augmenter sensiblement, et la voiture individuelle asphyxie nos vallées. Rien de tout cela n'est une surprise. Tout était écrit.
La solution, les régions la tiennent désormais, puisqu'elles maîtrisent l'organisation des transports : fermer les sites à la voiture individuelle et irriguer les vallées de services de cars cadencés au départ des pôles ferroviaires régionaux.
Cette solution n'exige pas de budgets exorbitants, seulement un peu d'audace. Les trois ans qui nous séparent des JOP suffisent pour roder un tel système — à condition de s'y mettre sans attendre et sans demi-mesure.
Les Jeux de 2030 ne seront pas jugés à la couleur des médailles, mais à la couleur de nos vallées. Aux régions d'écrire la dernière ligne d'un dossier ouvert il y a vingt ans : rendre à la montagne ce qui fait qu'on l'aime. En pérennisant cette organisation, l'héritage redeviendrait un mot plein de sens.
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