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Point de vue : Pour l’égalité des chances entre les camions et le train !

Jakob Dietachmair est Chef de Projet Climat & Energie, Transport & Mobilité. (c) Caroline Begle, CIPRA International

224 millions de tonnes de marchandises ont traversé les Alpes l'année dernière, un nouveau record. Plus de deux tiers de ces marchandises ont été transportées en camions. Pour Jakob Dietachmair, chargé de mission chez CIPRA International, si l’on veut réduire les nuisances environnementales et sanitaires le long des axes de transit, le rail doit avoir les mêmes chances que la route.

Actuellement, le fret ferroviaire n'est pas compétitif face au transport routier de marchandises. Les raisons en sont multiples. Les incitations et les mesures de soutien sont insuffisantes, et les coûts externes des transports routiers ne sont toujours pas pris en compte intégralement. Les coûts des nuisances environnementales et sanitaires engendrées par le fret routier sont actuellement supportés par la société. Des conducteurs routiers issus de pays à faibles coûts salariaux transportent des marchandises à travers les Alpes avec Ades salaires de dumping et une pression énorme, ce qui rend la situation également préoccupante en matière de droit du travail.

Les pays alpins ne réussiront pas à eux seuls à établir une égalité des chances entre la route et le rail. Une avancée dans ce domaine n'est possible qu’avec la coopération de tous : l’UE, les pays de l’UE et la Suisse.

En agissant de concert, ils pourraient réviser les lignes directrices communautaires « 2008/C 184/07 » relatives aux aides d’État aux entreprises ferroviaires, devenues obsolètes. Ils seraient également en mesure d’harmoniser les mécanismes de soutien dans différents domaines : utilisation des infrastructures, procédures, réduction des coûts externes, développement durable, recherche... Enfin, ils pourraient mettre en place la bourse du transit alpin réclamée par la CIPRA et d'autres acteurs. Cette bourse permettrait de négocier les trajets de camions à travers les Alpes comme un bien limité : une approche absolument pertinente lorsqu’on sait que les infrastructures routières et ferroviaires touchent déjà à leurs limites de capacité et ne pourront pas être étendues indéfiniment.

Deux points sont décisifs pour obtenir une réelle égalité des chances. Premièrement, la nécessité d’harmoniser les normes de travail dans le secteur des transports routiers, de contrôler le respect de ces normes et de prendre des sanctions en cas de manquements. Et deuxièmement la prise en compte intégrale des coûts externes. Le fret ferroviaire engendre lui aussi des coûts externes, mais ceux-ci ne représentent au maximum – selon la méthode de calcul utilisée – que la moitié de ceux du fret routier. Les comportements ne changeront que lorsque le fait de générer des nuisances environnementales et sanitaires ne sera plus rentable d’un point de vue économique.