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Point de vue : Libérer les vallées alpines du trafic

Francesco Pastorelli est directeur de CIPRA Italie. © CIPRA International

Francesco Pastorelli est directeur de CIPRA Italie. © CIPRA International

Moins de trafic de marchandises sur la route, plus de fret sur le rail. Pour cela, les transporteurs et les entreprises ont besoin d’offres alternatives. Francesco Pastorelli, directeur de CIPRA Italie, connaît les instruments adéquats.

Le deuxième tube du tunnel routier du Fréjus ouvrira en 2019. Au départ, ce tube a été vendu comme une galerie de sécurité. Aujourd’hui, il est clair qu’il sera ouvert au trafic des poids lourds. Les exploitants prévoient une affluence de 4 200 camions par jour. Actuellement, 1 826 poids lourds empruntent le tunnel chaque jour. La pollution va augmenter, ainsi que les nuisances pour la population. Ce projet est ainsi en contradiction formelle avec le protocole Transports de la Convention alpine.

De nouvelles infrastructures de grande taille sont en projet dans l’ensemble de l’Arc alpin. La Suisse veut construire un deuxième tube pour le tunnel routier du Gothard. Le bien-fondé du transport de marchandises d’un lieu à un autre n’est pas sérieusement discuté. Aucune mesure n’a été engagée jusqu’ici pour réduire et reporter efficacement le trafic. Or, il existerait un instrument adapté : la bourse du transit alpin.

Cette bourse est un mécanisme basé sur la loi du marché qui a pour objectif le renforcement du report modal. Pour chaque axe de transit alpin, un contingent de trajets disponibles est fixé et vendu aux enchères. Le nombre des autorisations de transit est défini en fonction du volume de trafic acceptable pour le territoire concerné. Tous les autres trajets doivent être effectués avec d’autres moyens de transport, par exemple le rail. Pour que la bourse fonctionne et que le trafic ne soit pas dévié comme aujourd’hui sur des routes moins coûteuses, les pays alpins doivent coordonner leurs actions.

Comparés aux nouveaux projets d’infrastructures, les instruments de ce type ne coûtent pas cher. Et ils s’inscrivent dans les grandes stratégies en matière de politique des transports comme le Livre blanc de l’Union Européenne ou le protocole Transports de la Convention alpine. Ils permettraient de renforcer à moindres frais l’efficacité du système européen des transports, d’éviter les transports inutiles et de réduire les impacts nocifs sur l’environnement et les populations le long des routes de transit. Mettons-les en œuvre !

Source et informations complémentaires : http://www.cipra.org/fr/communiques/la-bourse-du-transit-alpin-est-realisable-juridiquement?set_language=fr, http://www.europaregion.info/it/alpentransitboerse.asp (it), http://www.cipra.org/it/cipra/italia/CS_raddoppio%20del%20traforo%20del%20Frejus.pdf/at_download/file (it), http://www.alpeninitiative.ch/initiative-des-alpes/nos_themes/bourse_du_transit_alpin.html