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Les voix de la société civile

Qu’est-ce qui importe dans le développement soutenable? Quels sont le rôle et la responsabilité des réseaux d’envergure alpine? Six compagnons de route de la CIPRA, également observateurs de la Convention alpine, parlent de leur vision et de leurs expériences.

Marc Nitschke, réseau de communes « Alliance dans les Alpes »

Pour moi, les Alpes font partie des régions les plus belles d’Europe. Je tiens à préserver cet état pour les générations futures. Il faudrait pour ce faire que les communes et les régions alpines changent d’approche de manière plus conséquente dans le sens de la Convention alpine.  Nos membres montrent déjà aujourd’hui le bon exemple. Les communes sont l’entité politique certes la plus petite mais néanmoins décisive pour la mise en œuvre de projets concrets pour le développement soutenable des Alpes. Une aide plus importante des projets au niveau communal serait donc nécessaire et souhaitable.


Veronika Schulz, Club Arc Alpin

Nous souhaitons que les Alpes soient un espace de vie, d’activité économique et de loisirs où il fasse bon vivre pour les habitants et les visiteurs, avec des paysages ruraux traditionnels vivants et des espaces naturels qui restent non aménagés. Malheureusement, malgré toutes les manifestations de solidarité, le processus macro-régional  semble être très marqué par les intérêts économiques des régions qui l’ont initié. Il y a actuellement un déséquilibre, la pression sur les paysages augmente.  Lors de l’élaboration de la stratégie, nous aimerions essayer de redonner toute leur importance aux idées de protection et de conservation par rapport aux intérêts économiques, au nom du développement soutenable des Alpes.

 

Barbara Ehringhaus, ProMONT-BLANC

ProMONT-BLANC ne cesse de constater l’influence des forces extra-alpines de l’Europe, que ce soit dans la politique des transports –mot-clé trafic lourd à travers le Mont-Blanc -, dans le tourisme ou dans les relations économiques avec les métropoles environnantes. C’est pourquoi notre association faîtière tri-nationale se veut aussi intermédiaire entre les intérêts locaux, régionaux et européens qui convergent vers ce nœud de communication. Je souhaite que les Alpes fassent de leur région un joyau de la Nature digne de protection, respectueux de l’environnement, sachant allier la confiance en soi, l’échange et la solidarité avec sa périphérie. L’Europe ne doit pas seulement voir les Alpes comme un obstacle à la circulation ou une source d’énergie mais l’apprécier comme un poumon vert à forte diversité culturelle.

 

Sergio Savoia, WWF

Mon vœu est que les Alpes du futur comportent une variété de paysages naturels ou humanisés qui coexistent plus harmonieusement. Le recul des glaciers aura alors ralenti,  l’étalement urbain se sera arrêté grâce à un aménagement du territoire plus intelligent.  Il faut faire comprendre aux décideurs que les Alpes sont un espace important pour l’écosystème et pour les ressources qu’elles produisent – et qu’elles sont fragiles. Une réflexion qui englobe toutes les Alpes ne ferait pas de mal. Nous devons parvenir à un consensus, forger des alliances et voir les Alpes comme un seul espace commun, aussi bien écologique qu’économique. Car aucune organisation n’est assez forte pour opérer le changement à elle seule.

 

Anna Giorgi, ISCAR

Ma vision des Alpes est celle d’un lieu attrayant pour les jeunes et les familles, qui offre des emplois créatifs dans un environnement sain. ISCAR veut contribuer à cette vision en attirant de jeunes scientifiques vers la recherche sur les Alpes. Cette nouvelle génération de jeunes amoureux de la montagne connaît bien les caractères spécifiques des Alpes et profite des possibilités qu’elles leur offrent. Mais il faut aussi que les communes de montagne et les régions se réunissent pour devenir un partenaire politique fort au niveau national et européen. La Convention alpine et la Stratégie européenne pour la région alpine pourraient contribuer à la construction de ce genre de réseaux. Le processus stratégique doit construire des ponts entre les Alpes et les régions périphériques et utiliser les synergies entre territoires ruraux et urbains.

 

Thierry Billet, Verein «Alpenstadt des Jahres»

Il ne faut pas sacrifier le long terme au court terme. Pour cela il est indispensable que les citoyens puissent intervenir dans les choix politiques et rappeler les exigences de la préservation de l'espace de vie des générations futures. Le changement climatique va percuter les Alpes d'une manière violente. Les Villes des Alpes de l'année doivent montrer de manière concrète que l'adaptation au changement climatique et la réduction des émissions de gaz  sont leur fil conducteur d'ici 2020. Dans cette réflexion stratégique, les décisions prises sur l'avenir de la macro-région vont permettre soit une synergie mobilisatrice de tout l'arc alpin pour la lutte contre le carbone, soit de poursuivre dans la voie du court terme et de la recherche d'une croissance à n'importe quel prix écologique.

 

Alpenscène est disponible gratuitement sur : www.cipra.org/alpenscene