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« Il ne suffit pas de nager »

«Schwimmen ist nicht genug»

Ernst Bromeis © Andrea Badrutt

En nageant, Ernst Bromeis voudrait attirer l’attention du monde sur l’importance de la ressource Eau et sa finitude. Pourtant il est parfois lui-même vaincu par sa matière.
Lorsqu’Ernst Bromeis est sorti de l’eau, il ne pouvait plus parler. Les efforts des jours précédents avaient laissé l’ambassadeur de l’eau sans voix. Il sut alors qu’il fallait s’arrêter. En avril 2012, avec la coopération de Suisse Tourisme, Ernst Bromeis avait voulu descendre le Rhin à la nage. Depuis la source dans les Alpes grisonnes jusqu’à l’embouchure à Rotterdam, 1230 km en seulement 30 jours. Le nageur de l’extrême voulait ainsi souligner l’importance multiforme de l’élément vital qu’est l’eau. Au bout de 400 km, il a abandonné. Le projet a échoué en raison des températures glaciales du fleuve et du calendrier trop serré.
Mais la mission de Bromeis, « le miracle bleu », continue. « Il ne suffit pas de nager. Il faut créer quelque chose, une œuvre qui soit porteuse de sens. » C’est ce qui lui manquait quand il était sportif de haut niveau. La proximité physique de l’eau, le contact par le sport lui tiennent toujours très à cœur. C’est ce qui fait de lui un ambassadeur crédible.
Ernst Bromeis n’est pas un spécialiste de la ressource Eau, il n’est ni hydrologue, ni ingénieur environnement, ni hydraulicien. Ernst Bromeis est un orateur passionné qui a l’eau pour élément. Ses gestes sont souples et bien dosés, son débit oratoire est régulier. L’instituteur diplômé en sports sait jouer de son charisme. Peu lui importe de parler devant les dirigeants d’un groupe de production hydroélectrique ou devant une classe d’écoliers, dit-il.

Pratiquer un tourisme plus en profondeur
L’un de ses prochains projets sera la création d’un centre de compétence Eau à Scuol dès que les bailleurs de fonds auront été trouvés. « Cela doit être un pôle pour l’eau, un centre de rencontre et de dialogue pour les experts et les profanes qui ont des perspectives différentes sur l’eau. La gestion de l’eau est essentielle à toute forme de vie, que ce soit à l’échelle mondiale ou au niveau local. »
Ernst Bromeis travaille souvent avec des opérateurs touristiques. Mais le tourisme poursuit généralement d’autres buts que la sensibilisation aux questions environnementales. Comment concilier les deux ? Pour la première fois, l’ambassadeur de l’eau cherche un instant ses mots. « Mettre le tourisme entre parenthèses dans les Alpes est illusoire. Mais on peut lui donner plus de profondeur en développant un tourisme culturel et didactique. Pour réussir, il ne faut pas s’y opposer aveuglément mais plutôt s’y intégrer. »
On lui demande souvent si son travail fait diminuer le nombre de gens qui meurent de soif ou pourquoi il agit en tant qu’ambassadeur en Suisse où l’eau abonde et non en Afrique. A quoi il réplique à chaque fois que l’élément Eau concerne tout le monde, même ceux qui n’en manquent pas. « La question qui nous est posée n’est pas de savoir si nous utilisons de l’eau mais comment nous l’utilisons.

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Ambassadeur de l’eau et sportif ambitieux

Ernst Bromeis est né en 1968. Après sa formation d’instituteur, il a fait des études de sports à l’Université de Bâle. Cet Engadin s’est ensuite formé comme entraîneur des triathlètes auprès de Swiss Olympic. Père de famille, habitant Davos, il a démissionné de son poste dans la communication il y a cinq ans pour devenir ambassadeur de l’eau à plein temps. Parallèlement à divers projets et publications tout autour de l’élément eau, sa tentative de descente du Rhin à la nage depuis sa source jusqu’à son embouchure, a fait sensation, malgré son échec.
www.dasblauewunder.ch (de)

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Source : Alpenscène n° 98 (www.cipra.org/fr/alpmedia/publications/5222)