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Point de vue de la CIPRA : Sommet franco-italien : feu rouge pour le transfert modal

Ligne à grande vitesse : il ne faut pas attendre l'achèvement de mégaprojets coûteux comme le Lyon-Turin pour concrétiser le transfert du trafic de voyageurs et de marchandises de la route au rail.<br/> © atropo8 / flickr.com

De nombreux sujets ont été abordés lors du Sommet qui a réuni la semaine dernière le chef du gouvernement italien Mario Monti et le président français François Hollande. Le grand absent des débats : le transfert modal rapide et effectif de la route au rail.
La rencontre du 3 décembre entre Mario Monti et François Hollande avait suscité de grandes attentes. Les deux dirigeants auraient dû faire avancer de façon décisive la construction de la ligne TGV entre Lyon et Turin. Or, le communiqué de presse final du Palais de l'Élysée confirme seulement de façon laconique l'intérêt stratégique de la liaison ferroviaire pour les deux pays, et annonce qu'une déclaration séparée a été signée. La répression policière contre les manifestants a eu autant d'écho dans les médias italiens que les résultats du sommet.
L'accord ne concerne que la nouvelle ligne ferroviaire, le tunnel de 57 km de long entre Saint-Jean-de-Maurienne et Suse. Aucune précision n'a été donnée quant à la répartition de la prise en charge des 8,5 milliards entre les deux États et l'Union européenne. Au total, la nouvelle ligne devrait coûter 25 milliards d'euros. Il est prévu que l'Union européenne prenne en charge 40 % des coûts. Mais Rome et Paris doivent d'abord convaincre Bruxelles. Pendant ce temps, dans la Vallée de Suse, on n'a toujours pas trouvé de prêtre disposé à bénir le chantier.
Depuis des années, la CIPRA souligne qu'il ne faut pas attendre l'achèvement de mégaprojets très coûteux comme le Lyon-Turin ou le tunnel de base du Brenner pour concrétiser le report modal. Elle demande la modernisation des infrastructures existantes et l'amélioration de l'offre pour le transport des voyageurs et des marchandises. Pour devenir effectif, le report modal a besoin d'instruments de pilotage qui fonctionnent, comme la bourse du transit alpin, et de conditions-cadres politiques permettant de facturer les coûts réels des transports. Ces conditions doivent être réunies pour que les transports ferroviaires gagnent en attractivité par rapport à la route et puisse être rentables.
Le sommet franco-italien n'a pas contribué à faire avancer la politique durable des transports dans les Alpes, bien au contraire : Mario Monti et François Hollande ont décidé de transformer la galerie de sécurité du tunnel du Fréjus en galerie de circulation. Les capacités du tunnel seront ainsi doublées, ce qui ne contribuera pas à augmenter l'attractivité du rail.
Source et informations complémentaires : www.cipra.org/fr/presse (fr/it), www.elysee.fr/president/les-actualites (fr), http://torino.repubblica.it/cronaca/2012/12/03/news (it), http://torino.repubblica.it/cronaca/2012/12/01/news (it), www.nzz.ch/aktuell/international (de)