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Point de vue de la CIPRA : Plein gaz en direction de Bruxelles ? N'oublions pas d'inviter la gouvernance à bord !

Salves d'artillerie de la compagnie des fusiliers : le Conseil des ministres de l'UE devrait délibérer dès le 14 décembre sur la proposition de création d'une macro-région des Alpes soumise par les régions. © CIPRA International/Bruno Walder

La conférence des États et des régions alpins s'est déroulée avec succès vendredi dernier 12 octobre à la Hofburg d'Innsbruck, sous l'égide du gouverneur du Tyrol, Günther Platter.
La conférence a débuté par une cérémonie d'accueil traditionnelle : garde d'honneur, salve d'artillerie et fanfare pour le chancelier autrichien Heinz Fischer et Johannes Hahn, représentant de la Commission européenne. Quant à l'orchestre des représentants des gouvernements des régions alpines, il a joué à l'unisson et sans équivoque aux États alpins et à Bruxelles la marche vers une nouvelle macro-région européenne des Alpes. Les régions n'auraient pas pu montrer plus clairement leur unité et leur détermination, à l'occasion du 40ème anniversaire de la création de la Communauté de travail des régions alpines.
Le Conseil des ministres de l'UE devrait se pencher dès le 14 décembre sur l'initiative des régions, à condition que les États alpins européens la soutiennent sans réserve. Rédigé à la hâte, le " document d'initiative " des régions alpines devrait cependant faire l'objet de discussions auprès des États signataires de la Convention alpine. Il aborde de nombreux points très positifs, comme le transfert du trafic transalpin sur le rail, mais est encore trop fragmentaire et n'est pas concerté avec les objectifs de la Convention alpine.
Il est toutefois grand temps que les États alpins montent eux aussi dans l'express de la macro-région si l'on veut que la Convention alpine soit prise au sérieux par les régions. Les gouvernements de la France, du Liechtenstein et de l'Autriche ont déjà annoncé à Innsbruck qu'ils soutiendraient l'initiative. Les dernières décisions du gouvernement italien, qui a limité les compétences des régions non seulement dans le domaine financier, mais aussi en matière de coopération transfrontalière, ont un relent de retour en arrière. Le gouvernement de Rome, non représenté à Innsbruck, a été vivement critiqué par les représentants des régions du Nord de l'Italie, qui se sont toutes prononcées clairement en faveur de la coopération au sein d'une future macro-région alpine.
La CIPRA approuve le projet de macro-région des Alpes, et participera activement avec ses réseaux à l'élaboration de la nouvelle stratégie. Pour elle, cette démarche impose de mettre en place un processus participatif impliquant tous les principaux acteurs, et de prendre en compte les structures fédéralistes et la situation inégale des métropoles et des territoires de montagne. Dans les questions-clés comme le changement climatique et l'énergie, la CIPRA affirmera toutefois clairement ses positions : la réduction de la consommation d'énergie et la promotion de l'efficacité énergétique ont une absolue priorité. Elle s'oppose en cela aux intentions de plusieurs régions et États alpins, qui veulent utiliser le potentiel hydraulique jusqu'à la dernière goutte d'eau.
La CIPRA est aussi critique face à l'engouement pour l'énergie éolienne et solaire et la biomasse, déclarées à priori respectueuses de l'environnement, si elles sont encouragées à tout crin sans tenir compte des répercussions sur le paysage et les espaces de vie. Malgré toute la sympathie pour les énergies renouvelables, celles-ci doivent être développées avec mesure, et les décisions prises seulement au cas par cas lorsque les projets auront passé avec succès un audit de durabilité complet.
Source et informations complémentaires : http://tirol.orf.at/news/stories/2554210/ (de), www.cipra.org/fr/presse