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Lettre ouverte our la protection de l’ours brun alpin dans les Alpes

Lettre ouverte aux Ministres de l'Environnement des États alpins et au Gouverneur de la Province autonome de Trente, Ugo Rossi


Mesdames, Messieurs,

Les Alpes représentent une riche biodiversité qui revêt une importance stratégique pour le continent européen. Durant ces dernières décennies, grâce aussi aux efforts de certains gouvernements et ONG, les Alpes ont connu un repeuplement des grands prédateurs, précédemment disparus de vastes zones. Il s’agit sans doute d’un phénomène positif, vu l’importance des grands prédateurs pour la régulation des effectifs du gibier herbivore. Par contre, c’est un grand défi pour tous les Etats alpins, car la coexistence entre grands prédateurs et activités touristiques, zootechniques et agricoles dans l’espace alpin n’est possible que si les Etats alpins agissent de manière concertée pour développer les contributions scientifiques, les activités de surveillance et l’information sur les comportements qui pourraient mettre en péril la sécurité des personnes.

Malheureusement, certains évènements – plus ou moins graves, jusqu’à présent sans fin tragique - font la une de la presse estivale et influencent le sentiment populaire. Cela parait le cas de « Daniza », l’ourse qui, dans la province de Trente, a adopté un comportement défensif à l’égard de ses oursons au détriment d’un randonneur, qui a effrayé la mère en observant les petits et a été légèrement blessé. Les administrations de la Province de Trente ont permis la capture de cette ourse bien qu’elle n’ait pas encore eu lieu d'après les informations actuellement disponibles.

D’après la description de l’événement survenu, les avis d'experts et des principales associations italiennes pour la protection environnementale, le comportement de l’ourse ne nous semble pas « problématique » et ne justifierait donc ni la capture ni l’élimination.

La CIPRA, dans son rôle d’observateur officiel de la Convention alpine, ne peut pas manquer d’en appeler aux ministres de l'Environnement des États alpins et aux collectivités territoriales concernées pour que soient respectées les dispositions visées dans le Protocole Protection de la Nature et Entretien des Paysages, qui fait partie intégrante de la Convention. Ces dispositions sont conformes aux conventions internationales pour la protection de la faune sauvage.

Nous estimons que la capture doit être immédiatement suspendue, en attendant des évaluations objectives attestant le comportement « problématique » de l’ours brun.

Dominik Siegrist
Président CIPRA International

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