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L’alliance pour le « Lyon-Turin » s’effrite

Les tunnels de base ferroviaires font des trous dans les montagnes et dans les porte-monnaie. © Daniel Friedlos / flickr.com

Les tunnels de base ferroviaires font des trous dans les montagnes et dans les porte-monnaie. © Daniel Friedlos / flickr.com

Le tunnel de base du Gothard va être inauguré la semaine prochaine. Ce projet du siècle rend urgente une politique concertée des transports au niveau transalpin. Des signaux clairs viennent aujourd’hui de France.

Pour Éric Piolle, maire de Grenoble, le projet de nouvelle liaison ferroviaire « Lyon-Turin » entre la France et l’Italie ne répond plus aux besoins réels. Son coût est estimé à 26 milliards d’euros. Grenoble vient de se désengager du protocole d’intention de financement du projet. La ville est la première des 13 collectivités locales signataires du protocole à franchir ce pas. Le financement des collectivités se monte à un milliard d’euros pour la première étape, l’État français et Réseau Ferré de France devant financer à hauteur de1,2 milliard d’euros, et l’Italie à 2,9 milliards d’euros. Les partenaires espèrent que l’Union Européenne prendra en charge 40 % du financement du projet.

Ce projet a été conçu « il y a 25 ans sur des hypothèses de développement de transport de marchandises délirantes », argumente le représentant d’Europe Écologie Les Verts (EELV). Le transport des marchandises est en baisse depuis 20 ans, et les projections actuelles sur le nombre de passagers ne représentent que le cinquième de ce qui avait été prévu en 1991. « Ce projet-là ne correspond pas à une amélioration du train du quotidien » précise Éric Piolle pour qui il est préférable d’investir dans les lignes existantes.

Des questions de principe sont également posées au niveau européen. Une étude réalisée pour le Parlement européen a remis en question en 2014 la nécessité de construire le « Lyon-Turin ». Cette étude tient compte notamment de l’impact du tunnel de base du Gothard qui va être inauguré le 1er juin 2016. Ce tunnel est un élément clé de la nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA). Pour que la NLFA soit rentable, elle a besoin d’un nombre suffisant de voies d’accès aménagées. Ces voies manquent encore en Italie. CIPRA Italie a plaidé la semaine dernière dans le cadre d’une conférence de presse pour un « tournant dans la politique des transports » italienne. Jusqu’à présent, 90 % des transports de marchandises en Italie sont effectués par la route. « Actuellement, tout laisse penser que notre pays n’a pas su profiter de l’offre suisse d’accompagner le développement du projet », a critiqué Francesco Pastorelli, directeur de CIPRA Italie.

Sur le col le plus fréquenté des Alpes, le Brenner, les travaux du tunnel ferroviaire avancent. Les critiques, dont CIPRA Tyrol du Sud fait partie, réclament une « stratégie du meilleur chemin » au lieu d’une « stratégie du chemin le moins cher » : si les transports de marchandises prenaient le chemin le plus court pour traverser les Alpes au lieu d’emprunter le moins coûteux, le nombre de camions en transit empruntant le col du Brenner serait divisé par trois, et avec une politique de report modal adéquate, le tunnel de base du Gothard serait suffisamment fréquenté pour être exploité de façon rentable.

Source et informations complémentaires : www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/021852231462-grenoble-ne-veut-plus-financer-la-lgv-lyon-turin-1214910.php, www.cipra.org/fr/nouveautes/critiques-de-bruxelles-pour-la-politique-alpine-des-transports, www.infosperber.ch/Artikel/Umwelt/Neat-mit-begrenztem-Verkehrsnutzen (de), www.infosperber.ch/Artikel/Umwelt/Neat-Guterverkehr (de), http://fr.euronews.com/2015/02/24/hollande-estime-que-les-travaux-du-tgv-lyon-turin-seront-effectifs-a-partir-de-/, www.stol.it/Artikel/Chronik-im-Ueberblick/Lokal/Letztes-Baulos-am-Brenner-Basistunnel-finanziert (de)

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