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La singularité plurielle des Alpes

L'identité alpine existe. Nous l'avons rencontrée à Rome, Paris, Berlin, Vienne, Berne, Ljubljana et Vaduz. L'habitant des Alpes est sympathique. Il aime les vaches et les voitures. L'identité alpine n'existe qu'au pluriel. Nous les avons rencontrées à Valfurva, à Miéville, à Guillestre, à Bovec, à Brandberg, à Planken, à Krün. L'habitant des Alpes est fonctionnaire, employé de bureau, ouvrier, avocate. Il est indigène, ou vient d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique. Il va en vacances avec sa famille au bord de la Méditerranée.
Les Alpes sont un espace strié de frontières nationales. L'Etat-nation cultive le mythe des frontières nationales en tant que frontières naturelles. L'histoire montre que celles-ci sont des cicatrices laissées par des conflits armés, comme le dit Rougemont pour l'Europe au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Pour que les Alpes puissent valoriser les forces qui l'habitent, il est nécessaire de construire des ponts par dessus ces " barrières " et d'apprendre à connaître ce qui se passe " de l'autre côté ".

La diversité culturelle vue comme une force
L'identité alpine se fonde sur la diversité. Les Alpes sont caractérisées par trois grandes cultures, latine, germanique et slave et quatre langues principales. La seule " langue " commune des Alpes est la Convention alpine, un contrat dont l'objectif est de donner à cet espace un avenir commun en cohérence avec ses spécificités et ses ressources.
Le processus alpin est issu d'une conscience diffuse affirmant que ce qui unit les régions alpines est plus fort que ce qui les divise. La confrontation entre cultures, historiques et nouvelles, est le lieu d'innovations politiques et économiques. La multiplicité des cultures, en considérant que chaque culture est un puit d'expériences, d'histoires, d'idées, a une valeur irremplaçable. Dans le dialogue des cultures dans un objectif de développement d'un avenir commun, les forces de chacune d'elles s'additionnent. C'est dans ces domaines que les plus-values vont se faire.
Les discussions au sein des instances de la Convention alpine illustrent la complexité d'un tel processus. Nous sommes au début de l'apprentissage qui nous permettra de passer de la défense des intérêts nationaux à la défense des intérêts de l'espace alpin.

Le futur unit, non le passé
L'Etat-nation a souvent construit son unité sur un passé commun lié à des conflits économiques et armés. Le passé politique et culturel commun des Alpes en tant qu'espace défini par le périmètre de la Convention alpine, n'existe pas. Nous sommes aujourd'hui à l'orée d'un processus orienté vers l'avenir. Le cadre est constitué par la Convention alpine et donne aux régions alpines une perspective commune de développement intelligent, prenant en compte les aspects culturels, sociaux, environnementaux et économiques. Ce développement, bien que présentant sur le fond des similitudes avec la création de l'Union européenne, a la particularité de ne pas prévoir de structures institutionnelles aussi fortes que l'UE et de développer un instrument flexible fonctionnant entre les structures nationales et européennes.
Les alliances politiques et économiques doivent être précédées par des échanges culturels, sans lesquels il n'est pas possible de développer des bases de compréhension et de collaboration. Les expériences liées à la Convention alpine, aux réseaux de communes, de villes, d'espaces protégés, de scientifiques et celles liées aux ONG le montrent : le succès dépend de la volonté des acteurs à comprendre la culture des acteurs d'autres espaces avec qui un projet commun est développé.

La notoriété des Alpes
L'identité alpine n'existe pas au niveau de l'individu. Par contre, les Alpes et ses habitants disposent d'une notoriété européenne et d'une image forte. Sans poser un jugement de valeur sur l'origine de cette image, nous pouvons partir du principe que cette réalité doit être travaillée et peut devenir un instrument pour positionner les Alpes sur l'échiquier politique et économique européen.
Cette notoriété, combinée à la valorisation du potentiel interculturel des Alpes, apportera des avantages économiques à long terme, pour autant que les aspects sociaux et environnementaux soient systématiquement pris en compte.
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