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La candidature des Grisons 2022

Le gouvernement grison a décidé d’organiser une votation cantonale sur la question des Jeux Olympiques d’hiver « Saint-Moritz 2022 ». De leur côté, Saint-Moritz et Davos ont organisé des votations communales. Le budget prévu a été confirmé par la Confédération : 60 millions de francs suisses pour la candidature, 2,8 milliards pour la réalisation des Jeux et 1,6 milliards pour les infrastructures. La Confédération et le canton auraient dû débourser à eux deux au minimum 1 345 millions de francs. Le 3 mars, 53 % de la population grisonne se sont prononcés contre l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver 2022.


  Financement public

Le Grand Conseil a lié la question des Jeux à une demande de réserve financière de 300 millions de francs à prélever sur le budget du canton. Ce crédit nécessitant un amendement de la loi budgétaire cantonale, une consultation populaire était obligatoire. Le Président de la Confédération, Ueli Maurer, a promis avec les partisans de l’organisation des Jeux et le gouvernement des Grisons d’abandonner la candidature en cas de victoire du « non ». Si la population avait voté « oui », la demande du Grand Conseil pour une prise en charge du déficit à hauteur maximale d’un milliard de francs aurait été discutée lors de la session d’été du Parlement suisse.

 Des « contrats léonins » auxquels il est impossible d’échapper

Le Comité International Olympique (CIO) exige dans ses règlements que les obligations soient signées à l’avance par le Conseil fédéral. Si Saint-Moritz était devenue ville candidate, la ville aurait dû élaborer un dossier de candidature contraignant. Si la ville avait été choisie pour l’organisation des Jeux d’hiver 2022, le contrat de ville-hôte déterminant tous les droits du CIO et toutes les obligations de la ville organisatrice auraient été signé le même jour. Depuis l’analyse effectuée pour  Salzbourg 2014 et le rapport d’expertise réalisé pour Munich 2018, le contrat de ville hôte est qualifié de « contrat léonin illicite ».
Voir
www.olympia-nein.ch/go/ioc/index.php (de)

 La propagande des partisans du « oui » est restée sans effet

La campagne contre les Jeux a nourri les réticences contre le CIO et le giga-événement. L’opposition aux Jeux avait déjà grandi dans la population, comme le montre le rejet en 2002 de « Berne 2010 » par 70 % de non. Les trois messages principaux : « trop grands, trop chers, imposés de l’extérieur » ont atteint la population par le biais des médias cantonaux et nationaux, malgré le faible budget disponible pour la campagne. La propagande tous azimuts des partisans du « oui » à coups de millions de francs, avec 150 manifestations dans l’ensemble des Grisons et les chants de sirènes du directeur sportif Gian Gilli, du conseiller cantonal Hansjörg Trachsel et du conseiller fédéral Ueli Maurer ont certes affaibli le camp du « non », mais n’ont pas pu renverser la tendance. La propagande à tout crins des partisans du « oui » s’est avéré contre-productive : ils en avaient trop fait, ce qui a suscité des critiques de la part de journalistes et dans les courriers des lecteurs. Dans toute la Suisse, des responsables politiques ont élevé leur voix contre le projet. Si le vote s’était déroulé un peu plus tard, le nombre des « non » aurait de nouveau augmenté, car trop de questions touchant au financement étaient restées sans réponse. Le ressentiment contre le CIO et ses contrats léonins l’a finalement emporté, comme cela a été aussi le cas plus tard en Bavière.
Voir aussi:
www.olympia-nein.ch/go/aktuelles/meldungen/0zu4.php (de)

Pour des Alpes sans Jeux Olympiques

Avec les règlements et clauses des contrats du CIO tels qu’ils sont à l’heure actuelle, il n’est plus possible de prendre la responsabilité de réaliser des Jeux Olympiques d’hiver dans les Alpes. Un événement isolé de ce type est trop cher et surdimensionné. Après les consultations populaires organisées en Bavière, à Vienne et dans les Grisons, on constate que les candidatures aux Jeux sont devenues indéfendables dans les pays démocratiques qui forment l’Arc alpin. Il règne dans les Alpes un large consensus anti-olympique, des territoires ruraux aux centres urbains. Les raisons sont multiples : de la peur du gigantisme et des atteintes à l’environnement à la méfiance massive contre le CIO. Dans l’espace alpin européen, la volonté de la population semble se tourner de plus en plus vers des « Alpes sans Jeux Olympiques ».

 Sur l’auteur :

Stefan Grass vit et travaille à Coire. Il dirige le Comité anti-olympique des Grisons et a conduit la résistance aux candidatures aux JO d’hiver de Davos 2010, Zürich 2014 et St. Moritz 2022. Il a représenté de 2001 à 2008 l’association Transports et environnement (ATE) Suisse au sein de CIPRA Suisse, et a été vice-président de l’ATE Suisse de 2004 à 2008. Il est membre du comité central de l’ATE Suisse et président de l’ATE Grisons. Il est également membre du Comité de l’Initiative des Alpes et secrétaire de la Fédération des associations environnementales grisonnes.

Contact : stefangrass@vcs-gr.ch

Liens pour aller plus loin :

Arguments généraux : du rêve au cauchemar !
www.olympia-nein.ch/go/argumente/index.php
(de)

Désirs et réalité : du choix des villes candidates au diktat du CIO
www.olympia-nein.ch/go/argumente/wunsch-oder-wirklichkeit.php
(de)

Comité International Olympique : le vainqueur rafle tout. Le vainqueur est le CIO !
www.olympia-nein.ch/go/ioc/index.php
(de)

Informations pour les médias : comment se poursuit la résistance aux JO ?
http://www.olympia-nein.ch/go/organisation/medieninformation.php
(de)