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Développement Durable dans les Alpes

L’émergence du développement durable

En 1972, l’idée d’un développement économique compatible avec la protection de l’environnement émerge au Sommet des Nations Unies sur l’Homme et l’Environnement. Le rapport Brundtland de 1987 définit le développement durable comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Il faut attendre juin 1992 et la Conférence des Nations Unies de Rio sur l’environnement et le développement, pour voir le concept de développement durable officiellement reconnu à travers l’Agenda 21.

C’est ainsi que la France s’est engagée, au niveau international, à mettre en œuvre les principes d’un développement durable (Penser Global) et, au niveau national, à accompagner les territoires dans leurs démarches volontaires car les collectivités locales jouent un rôle essentiel pour une mise en œuvre effective de cette politique (Agir Local). Le développement durable a été inscrit dans la loi Constitutionnelle relative à la Charte de l’Environnement et adoptée le 28 février 2005 : « les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social ».

Enfin, le développement durable correspond avant tout à un processus qui place l’homme au cœur du développement : véritable changement culturel, il implique au sein de la structure porteuse du projet, de nouvelles méthodes de travail, plus collectives, plus transversales, et la mise en place d’une nouvelle organisation (gouvernance) qui rende possible la co-production, la mise en œuvre d’une stratégie d’amélioration continue.

Le développement durable dans les Alpes

Plusieurs textes internationaux ou nationaux font d’ores et déjà référence au développement durable pour les Alpes, implicitement ou explicitement. La loi Montagne du 9 janvier 1985 avait déjà largement anticipé le développement d’une politique propre à l’espace montagnard pour encadrer les activités économiques, sociales et récréatives en zone de montagne. La Convention alpine, adopté le 7 novembre 1991 par les états alpins, constitue un traité international de développement durable pour les Alpes qui intègre de manière équilibrée les dimensions économiques, sociales, environnementales et culturelles de ce territoire. Plus récemment, la stratégie macro-régionale pour les Alpes propose la mise en place d’un modèle innovant et durable du développement, capable de concilier la promotion de la croissance et de l’emploi, ainsi que la protection des ressources naturelles et culturelles dans la zone (EUSALP EU, 2015).

Sur le terrain, les initiatives ne manquent pas avec la mise en place d’outils complémentaires et de planification au service du développement durable (Contrat de Pays, SCOT, Agenda 21) se traduisant par la mise en œuvre d’actions sectorielles (développement de filière d’énergie locale, transport alternatif à la voiture…) ou plus globales.

CIPRA France et le développement durable

CIPRA France considère que les questions d’aménagement des Alpes constituent un enjeu national, pour lequel tous les français ont légitimité à participer à la décision : les Alpes sont un « bien commun ». Dans ce cadre, son rôle est aussi d’assurer que les alpins (les habitants de ce territoire) puissent peser prioritairement (ou au moins de manière décisive) sur les décisions qui concernent le Massif Alpin français.

Pour CIPRA France, travailler sur le thème du développement durable c’est réaffirmer d’une part que le développement durable et l’environnement sont deux choses bien différentes, d’autre part que le projet du développement durable prévoit que la coévolution des différentes sphères (piliers) du développement durable ne devrait pas se faire au détriment de l’une d’entre elles, en tout cas pas au-delà d’un certain seuil.

Aujourd’hui la finalité de CIPRA France est de démontrer que l’application du développement durable est pertinente et effectivement opérante dans les Alpes. Des actions ont déjà été entreprises selon une approche thématique. Elles doivent être généralisées et prendre un caractère systématique à l’avenir. Autrement dit, il convient d’insuffler l’esprit du Développement Durable, notamment sur la base du contenu de la Convention Alpine, dans l’ensemble des travaux et réflexions engagés par CIPRA France. Les nouvelles actions se déclineront à deux niveaux : Penser Glob’Alpes et Agir Loc’Alpes.

Enfin, en tant qu’ONG, CIPRA France doit rendre concrète l’approche Développement Durable dans les Alpes en créant des espaces de dialogue.