Outils personnels

  Filtres de recherche  

Protection des captages d'eau

© Abriès

Motivations

  • Respect de la réglementation liée aux captages d’eau

En France, les captages d’eau sont protégés par des périmètres de protection :

  1. Le PPI ou périmètre de protection immédiate : Il s'agit d'une parcelle de quelques ares où est implanté l'ouvrage. Sa fonction est d'éviter tout déversement ou infiltration d'éléments polluants. Toute activité y est interdite. Il doit être acquis et clôturé par la collectivité.
  2. Le PPR ou périmètre de protection rapprochée : Il délimite autour du captage un secteur en général de plusieurs hectares. Les activités susceptibles de provoquer une pollution y sont interdites ou soumises à des prescriptions particulières. Une indemnisation des servitudes peut être due aux propriétaires des terrains concernés.
  3. Le PPE ou périmètre de protection éloignée : Il correspond globalement au bassin d'alimentation de la prise d'eau. Certaines activités peuvent y être réglementées.

L'accès au périmètre de protection immédiate est condamné par un cadenas à toute intrusion humaine ou animale de gros gabarit. Les ligneux sont exclus à proximité des captages à drains mais peuvent être admis dans le cas de puits. Pour autant des plantations nécessitant un entretien récurrent ne sont pas souhaitables dans le PPI.

A Abriès, le périmètre de protection rapproché devait être fait à l’aide de barrières en bois.

Cela posait des soucis :

  1. Pour la gêne visuelle sur ce territoire dans le Parc Naturel Régional du Queyras.
  2. Pour les pratiques sportives l’hiver : les employés de mairie auraient dû enlever les barrières l’hiver et les remettre au printemps, représentant un coût considérable pour cette petite commune

La commune recherche une diminution des risques de pollution de l'eau par une activité "motorisée" qu'elle soit professionnelle ou de loisirs. En effet l'état boisé limite le passage d'engins motorisés et ne requiert pas un entretien fréquent à l'aide d'un tracteur comme cela est le cas en agriculture. L'entretien par pâturage ou brûlage d'une prairie n'est pas autorisé. Par ailleurs la structure forestière, même gérée avec un objectif sylvicole, ne nécessite que des interventions espacées dans le temps de plusieurs dizaines d'années limitant ainsi le risque d'une pollution. Un espace boisé non géré en développement libre ne présente à priori qu'un risque d'incendie ou de dépérissement lié à un pathogène avec des répercussions qui restent minimes sur les eaux souterraines.

Le choix du boisement une fois les travaux d'investissements réalisés, et du fait de frais d'entretien réduits, représente une approche économique intéressante pour une collectivité aux personnels et moyens de fonctionnement limités.

  •  Favoriser l’agriculture de petits fruits

Les périmètres de captages sont installés sur des parcours de pâturage bovins et ovins. Il existe sur la commune d'Abriès une Association Foncière Pastorale qui définit les usages sur son territoire. Le pâturage est mixte, bovins, ovins et équins au printemps et à l'automne.

Il s’agit de planter des arbustes fruitiers à petits fruits (de type argousier, épine-vinette, églantier, etc.) et d’autres plantations arbustives qui assurent et valorisent la biodiversité et le paysage et empêchent le pâturage des bovins/ovins.

Dans la mesure où l'accessibilité humaine n'est pas exclue dans le périmètre rapproché, la commune souhaite favoriser la plantation de ligneux à baies pour la cueillette. Si cet usage doit se pérenniser malgré l'évolution des végétaux et la "fermeture" du milieu l'entretien devra être réalisé manuellement. Une organisation agricole dans un but de production qui amènerait à l'utilisation d'un tracteur paraît exclue. Par ailleurs la majorité des terrains sont difficilement accessibles avec un tracteur.

La plantation d'arbustes à baies avec un objectif de cueillette nécessitant un minimum d'entretien sera réservée aux zones les plus accessibles et présentant la topographie la plus favorable. Ces plantations auront aussi valeur d'expérience pour l'implantation dans le contexte local du Queyras d'espèces et variétés diverses sur plusieurs années et selon plusieurs protocoles. Les arbustes à baies seront aussi privilégiés dans les haies, clôtures végétales, afin d'augmenter les possibilités de cueillette et favoriser l'entretien des arbustes de ces haies ce qui limitera leur croissance en hauteur qui pourrait libérer des accès par-dessous pour le bétail.

  • Les caractères paysagers des sites

Les aménagements sont pensés pour favoriser une bonne intégration paysagère, notamment en respectant les recommandations du Parc Naturel Régional du Queyras.

Caractéristiques techniques

  • 6 captages d’eau
  • Altitude : entre 1560 et 1900 m
  • Orientations pour les haies de protection

Afin de répondre au mieux à l'attente première de protection vis-à-vis des troupeaux des périmètres rapprochés du secteur du Roux, de la Garcine et du Mounal par une clôture végétale tout en gérant au mieux les crédits d'investissement, chaque périmètre a fait l'objet d'une analyse selon la végétation existante, les zones de pression préférentielle ou de passage des troupeaux selon la topographie. La végétation arborée existante peut constituer, selon l'âge des arbres, une barrière naturelle mais aussi une contrainte en matière de plantation de densification sous couvert en limitant les espèces possibles. Selon l'importance et la nature du couvert du peuplement en place 3 techniques seront testées :

  1. le renforcement de la régénération naturelle et le maintien au stade gaulis par une sylviculture adaptée renforcée par une clôture pérenne de type "filet de moutons".
  2. le renforcement arbustif quand la densité et le couvert sont faibles.

La végétation autochtone, souvent des îlots de mélèzes constitue des points d'ancrage et d'appui des plantations arbustives pour une meilleure intégration paysagère. Par contre dans ce contexte de pâturage d'altitude les haies agricoles ne sont pas présentes et l'implantation de clôtures végétales selon certaines limites rectilignes nécessite un travail de diversité de la largeur, de la hauteur et des essences plantées. Sur certains secteurs propices, des haies végétales de saules tressés pourront être essayées (Les Sagnes). En l'absence de pâturage libre, l'économie peut être faite d'une clôture végétale sur le PPR des puits 1 et 2 par ailleurs largement boisés ce qui induit une difficulté d'installation de végétaux sous couvert forestier. Par contre une clôture végétale est proposée le long des grillages de PPI des puits 1 et 2 sur les tronçons non déjà boisés pour masquer ces grillages dans un premier temps, les remplacer en dissuasion du public si ils vieillissent mal dans un second temps et en linéaire supplémentaire de cueillette aussi.

  • Orientations pour la cueillette

Trois schémas de plantations seront mis en place afin d'étudier l'évolution des "collectifs" et le maintien des accès dans le temps ainsi que l'aptitude à la cueillette :

  1. en plein pour limiter les effets de concurrence de la végétation en place et obtenir une densité impénétrable
  2. en îlots pour l'intégration paysagère et l'accès à la cueillette facilité
  3. en ligne pour une approche de type culture

Quelques groupes de plantation seront faits en mélange d'espèces notamment dans les haies mais globalement dans l'optique de cueillette facilitée, les placettes seront constituées d'une unique espèce. Des accès non plantés seront gardés entre les placettes. Autant que possible, les haies seront plantées d'arbustes productifs afin d'augmenter le potentiel de cueillette mais aussi du fait que l'accès extérieur de la haie du côté pâturage bénéficiera d'un entretien annuel par les herbivores. Les espèces seront autant que possible implantées à l'extérieur ou l'intérieur de la haie selon leur appétence, leur besoin en exposition au soleil et l'orientation du tronçon de haie.

Au-delà de la période de travaux pour la mise en œuvre du projet, la commune doit prévoir d'établir une convention d'entretien des équipements mis à disposition et des végétaux avec le concessionnaire des zones de cueillette y compris pour la pose et dépose annuelle des clôtures électriques autant d'années que nécessaire. Si besoin ou par choix ces opérations peuvent aussi être réalisées en régie communale ou à l'entreprise.

Difficultés rencontrées

Peu de difficultés rencontrées pour ce projet (qui n'est pas encore achevé)

Spécificités montagne

Il ressort de l'analyse des différents sites, que les zones actuellement ouvertes, hors PPI, et qu'il est possible de planter avec des arbustes pour la cueillette, présentent des pentes importantes, sous la forme de plusieurs micro parcelles avec un accès compliqué pour un entretien régulier et une gestion mécanisée de type "culture". Ceci oriente le projet vers un objectif de plantations expérimentales selon plusieurs critères. Il en est de même pour le système de clôture végétale, qui en l'absence de retours d'expériences en contexte de montagne d'altitude et de protection vis-à-vis du bétail, sera mis en œuvre selon plusieurs principes afin d'en tirer les  enseignements utiles.