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La Petite Chartreuse

Petite Chartreuse - Minergie-P-Haus

Vue de la façade Sud-Est du bloc de 4 logements www.lemoniteur.fr

Première construction passive du département de l'Isère : 6 logements sociaux au standard passif à La Terrasse. Il aura fallu beaucoup de persévérance, d'implication, de détermination et de patience pour que les six logements sociaux au standard passif de la commune de La Terrasse voient le jour. Née des voyages dans le Vorarlberg, l'idée de réaliser des logements sociaux à très forte performance énergétique a vu le jour fin 2005. Une petite provocation du conseiller en architecture de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes) et du CAUE (Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement) du département de l'Isère mit l'étincelle finale dans l'esprit de Georges Bescher, alors maire de La Terrasse, commune de 2 300 habitants située sur le versant sud de la vallée du Grésivaudan, au pied du massif de la Chartreuse, à 25km de Grenoble et 35 km de Chambéry. Le maire venait de vendre un terrain au bailleur social Pluralis. Les premières discussions, houleuses, avaient pour but de trouver des solutions constructives performantes, bousculant les routines et les contraintes réglementaires, et de rechercher des financements originaux... Grâce à l'accompagnement de l'AGEDEN (Maîtrise de l'énergie - Energies renouvelables en Isère) et du CAUE de l'Isère, tous deux experts en énergie et en environnement, les discussions se conclurent en début d'année 2006, sur un double objectif : un objectif énergétique équivalent au label Minergie (environ 45 kw/m²/an en énergie primaire), mais surtout la volonté de pouvoir reproduire ailleurs ce type d'opération afin d'inciter les autres communes à faire de même. Au printemps 2006, le cahier des charges est rédigé à plusieurs mains, suivi en juin d'une consultation de maître d'œuvre architecte paysagiste. L'équipe RIGASSI - BIENVENU est lauréate : le bon contact, la qualité des références, mais surtout la pratique effective de la construction passive et l'expérience du label Minergie et Minergie P, faisant la différence. Le comité de pilotage du projet (Pluralis, Commune, DRAC, AGEDEN, CAUE, bureaux d'études,...) se rend peu à peu compte de l'exigence de la démarche environnementale liée aux spécificités du site et à l'analyse permanente des impacts globaux en CO2. En effet, le label passif nécessite des spécificités constructives particulièrement poussées afin d'assurer une isolation très performante, une étanchéité parfaite à l'air et une ventilation maîtrisée de l'ensemble. En février 2007, le bilan financier conclut que le bailleur social Pluralis, qui avait décidé d'investir dans les économies d'énergies, va devoir investir 80 000 à 100 000 Euros HT sur ses fonds propres. La volonté de faire un exemple reproductible est mise à mal. Mais de cette difficulté découlera finalement le choix de la démarche Minergie P, allant plus loin que l'objectif initial de type Minergie. En effet, c'est en réalisant des logements dits " zéro énergie " que Pluralis pourra prétendre au maximum de subventions. Pluralis décide alors d'aller jusqu'au bout de la démarche " zéro énergie ", intellectuellement et financièrement plus intéressante, en réalisant cette opération dans un cadre expérimental, donc non reproductible dans les conditions économique et politique actuelles. La consultation des entreprises en fin d'année 2007, révéla de nouveau l'écart des pratiques et des savoir-faire face aux attendus. Des explications particulières, débats et négociations avec les entreprises furent nécessaires. Finalement, une information générale de la démarche et une mise à niveau des entreprises retenues sont réalisées sur le chantier, ainsi que des formations et visites de chantier par l'interprofession, dans le cadre de cette démarche expérimentale. En 2009, les premiers habitants s'installent dans les six logements, répartis en un pavillon de 4 logements et un autre de 2 logements, avec cellier, local à vélos, 4 garages, 3 jardins, 3 terrasses et paliers privatifs. Les logements sont traversants, selon un axe nord-sud. Au sud, on trouve la cuisine et le salon et, au nord, la salle de bain. Réalisation technique La façade des bâtiments est constituée de panneaux d'ossature bois, préfabriqués et remplis, en atelier, avec une première couche d'isolant de 20 cm de fibre de bois en panneaux souples. Une isolation par l'extérieur de 12cm et de forte densité, toujours en fibre de bois, est posée, sur site, afin d'augmenter la résistance thermique des murs extérieurs. Un bardage en mélèze vient recouvrir cette enveloppe. Côté intérieur, l'étanchéité à l'air est assurée par un frein vapeur posé contre les montants des ossatures et recouvert d'un lattage permettant de passer les gaines entre le frein vapeur et le revêtement intérieur, sans risquer des défauts d'étanchéité à l'air. Concernant les fenêtres, pour qu'elle ne pénalise pas les performances hivernales des façades, elles sont toutes en triple vitrage. Mais la saison estivale, qui amène des températures élevées à La Terrasse justifie tout autant ce choix. En effet, le facteur solaire d'un triple vitrage, proportion de l'énergie solaire qui entre à l'intérieur d'un bâtiment comparé avec l'énergie reçue à l'extérieur de la paroi vitrée, plus faible que celui qu'offre un double, participe à la limitation des surchauffes estivales. La couverture a aussi été pensée pour affronter la période caniculaire que connaît le versant de la vallée où se situent les constructions. Elle est réalisée en toiture froide, c'est-à-dire en tuiles sur plancher isolé par 40cm de fibres de bois de faible densité. Ce qui permet de bénéficier d'un volume faisant tampon thermique et assurant ainsi une régulation particulièrement intéressante pour le confort d'été. De plus, cette espace offre la possibilité d'une ventilation naturelle sous la toiture. Pour assurer l'isolation acoustique, l'architecte s'est aussi tourné vers un matériau naturel. Il a choisi d'insérer de la laine de chanvre entre un plafond et un plancher en multiplis bois. Seul le dallage et les murs de soutènement en béton, et les poutres en métal pénalisent le bilan carbone et le cycle de vie des deux bâtiments. Concernant la consommation énergétique, le dispositif technique repose simplement sur une VMC double flux, une pompe à chaleur et des panneaux solaires thermiques. La ventilation double flux (1,5kW/logement), type " tour compacte " avec échangeur de chaleur, est simplement complétée par une pompe à chaleur faisant l'appoint pour le chauffe-eau à préchauffage solaire (4,8m² de panneaux solaires par logement). Ainsi, le bilan énergétique respecte bien les critères du label Minergie-P qui exige d'être en dessous de 30 kWh/m²/an en énergie primaire pour l'eau chaude sanitaire, le chauffage et la ventilation, et 15 kWh/m² pour le chauffage. Le coût de construction pour les 6 logements (4T4 et 2T3), soit 498 m² de SHON (surface hors oeuvre nette), représente 990 000 € TTC. Le coût des travaux, hors VRD (Voirie et Réseau Divers), s'élève à 1850 € HT /m² habitable. Au final, et grâce à l'engouement et à l'engagement des acteurs mis en jeu, les six logements passifs de la Petite Chartreuse bénéficie des labels Qualitel, Effinergie, Minergie et Minergie P. Ce projet en ossature bois (de Chartreuse) et laine de bois… vient de remporter successivement les 2 prix : " Trophée bois " décerné par le Conseil Général de l'Isère et " Lauriers du bois " décerné lors du 7ème Salon Européen du Bois et de l'habitat durable…

Lieu

La Terrasse

Personne de contact

Ecole d'Architecture de Grenoble
Vincent Rigassi
1 avenue Jeanne d'Arc
38100 Grenoble / FR
E-mail: vincent.rigassi@rigassi-architecte.com

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