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La catastrophe lumineuse (Die Helle Not)

02/07/2009

Le projet « La catastrophe lumineuse » se consacre à un problème écologique peu évoqué jusqu’ici, mais lourd de conséquences : la croissante pollution lumineuse causée par l’éclairage artificiel. Selon une suggestion formulée par des lépidoptérologues, 60 communes tyroliennes ont équipé leurs appareils d’éclairage des voies publiques de lampes non nocives pour ces insectes. Les économies d’énergie réalisées, de l’ordre de 30 à 40%, associées à la protection simultanée des papillons de nuit ont abouti à une situation où l’économie et l’écologie sont gagnantes toutes les deux.

Pour une déscription détaillée du projet, veuillez cliquer ici...

Thèmes: Politiques et instruments, Nouvelles formes de prise de décisions, Espaces protégés
Région/Canton/Département: Tirol / AT
Durée: 2001-01-01 - 2004-10-01
Personne de contact: Dr. Peter Huemer
p.huemer@tiroler-landesmuseum.at
http://www.naturschutzbeauftragte.net/hellenot/

Porteur/porteuse du projet
Musée tyrolien (Tiroler Landesmuseum) « Ferdinandeum » – Collections d’histoire naturelle : centre de recherche en lépidoptérologie bénéficiant de plusieurs dizaines d’années d’expérience en matière de protection des papillons et ayant participé à de nombreuses études régionales et internationales sur les lépidoptères ; Tiroler Umweltanwaltschaft : instance régionale compétente pour les questions de protection de l’environnement et de la nature au sens le plus large du terme.

Personnes concernées
Hofrat Dipl.-Ing. Sigbert Riccabona et Mag. Maria Siegl (Tiroler Landesumweltanwaltschaft), Dr. Peter Huemer et Dr. Gerhard Tarmann (Tiroler Landesmuseum Ferdinandeum), Mag. Dr. Andrea Schnattinger et Dipl.Ing. Wilfried Doppler (Wiener Umweltanwaltschaft), DI Dr. Nikolaus Thiemann (Société autrichienne d’éclairagisme), Dr. Thomas Posch et Dr. Heinrich-Peter Himmelbauer (Société autrichienne d’astronomie et d’astrophysique), Marianne Heinrich (Agence fédérale de l’environnement - Umweltbundesamt).

Objectifs
Au moment du lancement du projet, l’éclairage public au Tyrol était assuré majoritairement par des lampes à vapeur de mercure haute pression à lumière blanche. L’effet bien connu de ces lampes d’attirer les papillons de nuit, cause des millions de victimes chaque année. Il existe cependant une alternative : les lampes à vapeur de sodium haute pression, dont l’effet sur les insectes est dix fois moins fort. Plus agréable pour l’homme, la lumière jaune émise par ces sources est également préférable du point de vue de la sécurité (brouillard). Les économies d’énergie de l’ordre de 30 à 40% obtenues avec ces lampes en même temps qu’une réduction des frais d’entretien, permettent de réaliser en quelques années seulement le retour sur investissement, même si les dépenses initiales sont plus élevées. Les objectifs du projet ont donc été formulés comme suit : 1°) passer à l’éclairage à la lumière JAUNE (lampes à vapeur de sodium) pour préserver les papillons de nuit menacés et 2°) assurer une gestion plus rationnelle et plus économique de la lumière, par la réduction de l’éclairage nocturne au moyen de systèmes de contrôle ou par la mise en place d’abat-jour sur les luminaires par exemple, afin de réduire sensiblement la consommation d’énergie et les dépenses engendrées.

Activités
Une aide directe initiale consentie par le Land du Tyrol en vue du renouvellement de l’éclairage public dans 60 (initialement 30) communes tyroliennes a été octroyée en fonction de critères écologiques, c’est-à-dire attribuée aux seules communes disposant de surfaces précieuses du point de vue écologique. La publication concomitante de la brochure en couleurs « La catastrophe lumineuse » (Die Helle Not), traitant des questions techniques, économiques et biologiques et présentant des exemples de calcul des économies possibles, a servi de base à des débats approfondis au sein des communes. Une deuxième édition de la brochure, enrichie d’un chapitre consacré à l’astronomie et diffusée par l’intermédiaire de partenaires à l’échelle autrichienne, ainsi que la mise en ligne du projet, ont fait connaître ce dernier au-delà des limites de sa région d’implantation. La conception et réalisation d’une exposition de même que plusieurs actions menées dans les écoles ont servi à sensibliser le grand public, et plus particulièrement les jeunes, à la question. Afin d’encourager d’autres renouvellements d’éclairage, les contacts personnels avec des responsables et décideurs intéressés par le projet dans les milieux politiques et les instances de protection de la nature, ont été intensifiés au-delà des frontières tyroliennes.

Résultats
« La catastrophe lumineuse » a provoqué sur une grande partie du territoire tyrolien, mais aussi dans d’autres régions (Vorarlberg, Tyrol du Sud, Vienne, certaines municipalités allemandes et espagnoles) les actions souhaitées de remplacement de systèmes d’éclairage public nocifs pour l’environnement par une lumière plus favorable à la survie des espèces nocturnes concernées. Un facteur essentiel dans la réussite du projet a été le soutien politique dont il a bénéficié, motivé sans doute aussi par l’heureux effet secondaire des économies dégagées. D’importantes mesures complémentaires, comme la publication d’une brochure instructive destiné à orienter le choix des responsables municipaux, la réalisation d’une exposition thématique et des efforts de communication (presse écrite, télévision), mais aussi des actions organisées dans les écoles, ont permis d’aboutir à une acceptation généralisée du projet par l’opinion publique et les instances politiques. L’attribution du prix Ford pour l’Environnement, associée au réaménagement des sites de production de ce constructeur automobile, marque avec un grand projet de l’UE lancé à Valencia (Espagne) la diffusion de l’idée à l’échelle internationale.


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